Comment un Boeing 787 d’Air India a-t-il pu s’abîmer juste après son décollage le 12 juin dernier ? Le crash, qui a fait au moins 279 morts, est pour le moment encore inexpliqué. Toutefois, les deux boîtes noires ont été récupérées. De quoi dévoiler des éléments sur les paramètres de vol, les discussions dans le cockpit ou les messages adressés à la tour de contrôle. Mais depuis quelques jours, des spécialistes tentent de renouer le fil de la tragédie en se basant sur des informations diverses et variées. Pour couper court aux premières rumeurs, le président d’Air India est sorti du silence sur une chaîne de télévision indienne, indique BFMTV.

Natarajan Chandrasekaran, aussi président de Tata Sons, a notamment donné des informations sur les moteurs, qui avaient selon lui «un historique de maintenance correct». Le président de la compagnie affirme que le moteur droit était neuf et l’autre avait été «révisé en 2023», avant une autre révision «programmée pour décembre prochain». Alors que les enquêteurs mènent leur enquête à partir des boîtes noires, Natarajan Chandrasekaran s’est agacé des «spéculations et des théories» actuelles. Il l’assure : le Boeing 787-8 Dreamliner avait «un historique impeccable».

Un moteur neuf n’est pas forcément hors de cause

Le président d’Air India dit désormais «attendre» la conclusion de l’enquête. Les données techniques sont scrutées de près, car comme l’a confié un ancien enquêteur du Bureau indien d’enquête, l’état d’un moteur ne répond pas forcément à toutes les questions. «L'âge du moteur n'a aucune incidence sur son état de santé, surtout pour les moteurs Genx-1B», souligne Kishore Chinta. Ces moteurs Genx-1B équipent le Boeing 787-8. Il ajoute : «Ce n’est pas parce qu'un moteur est neuf qu'il est forcément en bon état, et inversement.»

Nos confrères de BFMTV rappellent que ce type de moteur (GE Aerospace) ne suit pas de calendrier de révision précis comme les anciens modèles, mais est surveillé par un système en permanence. C’est à partir de ces données qu’un entretien ou un remplacement est décidé. En attendant, les conséquences sont énormes pour Air India, qui a décidé de réduire ses vols internationaux de 15%. La compagnie va procéder à des contrôles renforcés sur ses appareils.

A ce jour, vingt-six de ses trente-trois Boeing 787-8 et 787-9 ont été inspectés et autorisés à «reprendre du service». Les Boeing 777 qu’elle possède seront également contrôlés. Quatre jours après le drame survenu à Ahmedabad, un autre Boeing 787-8 d’Air India reliant Hong Kong à New Delhi a dû faire demi-tour à cause d’un problème technique.