Le dossier du crash du Boeing 787 à Ahmedabad le 12 juin dernier est loin d’être refermé pour Air India. D’abord, l’enquête se poursuit pour déterminer les causes du terrible accident qui a coûté la vie à 260 personnes. Si l’avionneur Boeing a été mis en cause dans un premier temps à la suite d’une année marquée par les incidents, l’hypothèse d’une erreur humaine pourrait être privilégiée. En effet, le rapport préliminaire dévoilé le 11 juillet par le Bureau indien d’enquête sur les accidents d’aviation a indiqué que l’alimentation en carburant avait été coupée. Des enregistrements dévoilés ensuite par le Wall Street Journal pourraient mettre en cause le pilote.

Si la compagnie semble exemptée pour le moment, une polémique a vu le jour ces dernières heures alors que des familles de douze personnes rapatriées au Royaume-Uni ont reçu les mauvaises dépouilles de leur proche disparu. Mais un autre élément vient fragiliser Air India, rapporte Air Journal. En effet, seulement quatre jours après le terrible crash, la compagnie indienne indique avoir constaté «une légère augmentation» des arrêts maladie de ses pilotes. En réalité, rien qu’en une journée, 112 pilotes sont partis en congé maladie !

Un programme de soutien mental mis en place

Parmi ces 112 arrêts, cinquante et un concernent des commandants de bord, a confirmé le ministre d’État à l’Aviation civile, Murlidhar Mohol. Les soixante et un autres sont des copilotes. Est-ce lié à l’accident en lui-même ou aux conditions de travail ? Le ministre d’Etat indien a évoqué la santé mentale : «Il a été recommandé aux organisations (exploitants réguliers et non réguliers, FTO et AAI) de mettre en place un programme de soutien par les pairs (PSP) pour leurs employés». Ce programme doit permettre de «soutenir les équipages de conduite et les contrôleurs aériens à identifier, gérer et surmonter tout problème».

Toutefois, il se veut «proactif et non punitif». Alors que le commandant de bord du vol AI171 pourrait être en cause, la presse indienne ayant aussi évoqué le fait qu’il souffrait de dépression, ce sujet n’est pas nouveau pour Air India. Selon nos confrères, dès février 2023, les compagnies aériennes indiennes avaient été sommées par la Direction générale de l’aviation civile (DGCA) du pays de mettre en place une formation spécifique et autonome pour les équipages et les contrôleurs aériens. Le but étant de gérer les effets néfastes des troubles de la santé mentale.

Si aucun élément probant ne permettrait, pour l’instant, d’accréditer la thèse d’un problème mental, la question de la charge mentale dans l’aéronautique reste sensible, d’autant qu’elle peut engendrer des erreurs humaines à cause de troubles non détectés, par exemple. A noter également que la flotte d’avions d’Air India est vieillissante. Plus d’un tiers des 199 avions de la compagnie ont entre dix et quinze ans, quand 40% ont plus de quinze ans. Depuis la privatisation de la compagnie en 2022, des critiques et des tensions sociales avaient resurgi…

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