Alors que la guerre au Moyen-Orient débutée le 28 février dernier se poursuit, de nombreuses compagnies aériennes font les frais de l’envolée des prix de l’énergie, en particulier du kérosène. Si les compagnies low-cost subissent de plein fouet cette crise et sont contraintes de procéder à des ajustements de leurs programmes avec la suppression de certains vols, la compagnie Air France-KLM, elle, tient à rassurer ses passagers. «Jusqu’en juin nous ne prévoyons absolument aucun problème», a fait savoir son directeur financier, Steven Zaat, rapporte BFM Business.

Expliquant que les Pays-Bas étaient un «exportateur net» de kérosène, le dirigeant du transporteur franco-nééerlandais a également tenu à préciser que «le ministre néerlandais des Infrastructures a dit qu’au moins pour les six mois à venir […] il y aura assez de carburant d’aviation». Quant à la plus grande plateforme du groupe située à Paris-Charles-de-Gaulle, celle-ci est reliée via un oléoduc au terminal pétrolier du Havre, a encore indiqué Steven Zaat.

Plusieurs aéroports demandent de ne pas ajouter de vols

Toujours selon Steven Zaat, des stocks stratégiques de kérosène en Europe restent toujours disponibles et peuvent être libérés dans le cas où une pénurie aurait lieu dans le futur. Pour autant, le dirigeant plaide pour que des autorisations similaires puissent être accordées pour le carburant utilisé aux États-Unis. En effet, l’Union européenne réfléchit grandement à pouvoir autoriser l’importation sur le Vieux Continent de kérosène de type Jet A produit outre-Atlantique et différent du Jet A-1 distribué dans le reste du monde. Problème, cette proposition se heurte aujourd’hui à plusieurs obstacles de taille, en particulier techniques, réglementaires et politiques.

Par ailleurs, si Air France-KLM tient à rassurer sur le maintien de son programme de vols, certains aéroports asiatiques, eux, conseillent de ne pas augmenter la fréquence de ces derniers tant que la guerre au Moyen-Orient ne sera pas terminée. La raison ? Ces aéroports restent aujourd’hui majoritairement des importateurs des pays du Golfe, or aujourd’hui, avec le blocage du détroit d’Ormuz, les livraisons se font de plus en plus rares. «Singapour et Haneda (Tokyo) ont dit qu’ils préféraient ne pas recevoir de capacités supplémentaires», a indiqué le directeur général du groupe, Benjamin Smith, qui précise toutefois que cette demande formulée par ces aéroports n’était pas un «non ferme» mais plutôt «une demande d’éviter de réclamer plus de capacité pour nos vols».