En direct des Etats-Unis, le ministre français de l’Economie a eu son mot à dire sur les conséquences du conflit qui sévit au Moyen-Orient. Roland Lescure a notamment insisté sur la nécessaire réouverture du détroit d’Ormuz, mais «pas à n'importe quel prix». Il refuse l'hypothèse d'un péage, alors que les membres du G7 cherchent à limiter l'impact économique de la guerre entamée en Iran.

«Je ne veux pas payer un dollar pour traverser le détroit», a lâché le ministre, depuis Washington, bien qu’il ne minimise pas le fait que c’est un point clé lors des négociations entre le camp américain et le régime iranien. «Nous devons veiller à bien cerner l'évolution des risques au cours des prochaines semaines», a également prévenu Roland Lescure.

La mise en garde l'Agence internationale de l'énergie

«Le ressenti général» à l’occasion de la réunion des ministres des Finances et des banquiers centraux du G7 «était celui d'une situation grave», a mis en avant Roland Lescure. «Nous nous réjouissons de voir que les négociations semblent se poursuivre, et j'espère qu'elles aboutiront à un résultat», a-t-il ajouté.

Mais le temps semble presser… La flambée des prix de l'énergie fait craindre une accélération de l'inflation dans de nombreux pays. «Si nous devons agir comme nous l'avons fait il y a quelques semaines en libérant des stocks» stratégiques de pétrole dans le cadre d'une initiative conjointe des membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), «nous le ferons», a assuré Roland Lescure. Pourtant, l’AIE ne cesse de prévenir que le retour à la normale de la production d'énergie sera très long, même une fois la réouverture du détroit d’Ormuz. «Il faudra deux ans pour retrouver les niveaux d'avant-guerre», a déclaré Fatih Birol, son directeur, vendredi 17 avril.