
Malgré des prévisions alarmistes, le déficit budgétaire de l’État en 2024 s’est limité à 156,3 milliards d’euros, contre 163 milliards anticipés dans le projet de loi de finances de fin de gestion (PLFG). Cela marque une réduction de 17 milliards par rapport à 2023, a annoncé Eric Lombard, ministre de l’Économie, lors du Conseil des ministres du 22 janvier, rapportent Les Échos.
Cependant, cette embellie ne masque pas les défis persistants : le déficit public global pour 2024 est estimé à 6,1 % du PIB, un chiffre nettement supérieur à l’objectif initial de 4,4 % fixé dans le budget 2024. Un différentiel qui oblige le gouvernement Bayrou à faire des pieds et des mains pour faire des économies.
Des recettes et des économies meilleures que prévu
Deux facteurs principaux expliquent cette amélioration. Premièrement, les dépenses de l’État se sont révélées inférieures de 1,7 milliard d’euros aux prévisions du PLFG grâce à une gestion budgétaire rigoureuse. Des annulations de crédits et une utilisation prudente de la réserve de précaution ont permis de limiter les dépenses globales à 7,2 milliards d’euros en dessous du niveau prévu dans le budget initial.
Deuxièmement, les recettes fiscales, bien que globalement en deçà des attentes initiales, se sont avérées supérieures de 1,5 milliard d’euros à la dernière prévision du PLFG. Cette hausse est en partie due à un surplus de 500 millions d’euros de droits de succession et à des recettes de TVA supérieures de 1,1 milliard d’euros par rapport aux prévisions les plus récentes. Les recettes issues de l’impôt sur le revenu et de l’impôt sur les sociétés, quant à elles, sont restées conformes aux attentes.
Un équilibre budgétaire encore fragile
Malgré ces ajustements positifs, les finances publiques françaises demeurent dans une situation préoccupante. Les nouvelles prévisions pour 2025, attendues ce mercredi, tablent sur une croissance de 0,9 %, une inflation de 1,4 %, et un déficit public de 5,4 % du PIB. Ces chiffres traduisent un ajustement par rapport aux objectifs plus ambitieux du précédent gouvernement, qui espérait une croissance de 1,1 % et un déficit de 5 %. Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) a été informé de ces prévisions, qui serviront de base au prochain budget.
L’impact réel de ces ajustements sera connu en mars, lorsque l’Insee publiera les résultats définitifs du déficit 2024 pour l’ensemble des administrations publiques, incluant la Sécurité sociale et les collectivités locales. Le gouvernement prévoit également de détailler l’utilisation des fonds publics dans un projet de loi sur les résultats de la gestion, attendu en avril.

















