Le déficit public 2024 pourrait finalement se situer sous la barre des 6%. Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a en effet indiqué ce mercredi 19 mars que le déficit de la France pourrait s'avérer «un peu meilleur que prévu» lors de la publication des prévisions de l'Insee le 27 mars, comme le rapporte BFMTV ce jeudi. Un résultat qui s’expliquerait notamment grâce à un déficit de la sécurité sociale qui «s'établirait à 15,3 milliards (d'euros), là où il était encore question (...) de 18,2 milliards de déficit» lors des discussions sur le budget de la sécurité sociale, a-t-elle expliqué.

En outre, le «ralentissement d'un certain nombre de dépenses de fonctionnement des collectivités» en fin d'année serait un autre facteur d'explication. Et «ces deux éléments devraient nous conduire à avoir un déficit (...) qui potentiellement pourrait être un tout petit peu meilleur que 6%», a affirmé Amélie de Montchalin, qui était auditionnée par les sénateurs de la commission des Finances aux côtés du ministre de l'Economie Eric Lombard.

Limiter le déficit public à 5,4% du PIB

Les deux ministres étaient interrogés sur la réforme des seuils de franchise de TVA, les mesures de défense et leur financement, le niveau et la fiabilité des recettes fiscales, ou encore la préparation du projet de loi de finances pour 2026 notamment. «L'exécution de ce début d'année montre toute la rigueur que nous souhaitons mettre dans le pilotage de ce budget», a affirmé en préambule Eric Lombard.

Cette année, le gouvernement souhaite limiter le déficit public à 5,4% du PIB, contre environ 6% l'an dernier. «Je confirme que nous visons, malgré l'effort accru en matière de défense, d'être au-dessous de 3% (du PIB) en 2029, c'est aussi un engagement européen», a assuré le locataire de Bercy.

Au sujet du suivi de l'exécution budgétaire, «nous avons mis en réserve un peu plus de 8 milliards d'euros (...) La nouveauté, c'est que cette réserve est interministérielle», car «il y a des grands ministères qui ont peu d'aléas» et d'autres beaucoup plus, a défendu Amélie de Montchalin, citant les ministères de l'Outre-mer ou de l'Agriculture. Elle a également rappelé la volonté du gouvernement de réduire les reports de crédits, qui s’élevaient à 23,5 milliards d'euros en 2024 et qui devraient passer à 16,8 milliards d'euros en 2025.