Le moral à zéro chez les dirigeants des TPE ? 96 % d’entre eux se déclarent épuisés, inquiets ou découragés, selon une enquête du Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI). Mais pour certains, le coup de mou se transforme en coup dur : 1 dirigeant sur 5 prévoit de mettre fin à son activité au premier semestre de l’année 2026. Contacté par Capital, Jean-Guilhem Darré, délégué général du SDI, a affirmé que «c’est le chiffre le plus élevé de ces dernières années, où on était plus proche de 12 à 14%».

Parmi les raisons principales : les revenus issus de leur activité. Plus de la moitié d’entre eux constatent une baisse de chiffre d’affaires en 2025 par rapport à 2024. Pour Jean-Guilhem Darré, plusieurs facteurs expliquent cette situation : les difficultés de pouvoir d’achat des consommateurs, la concurrence du e-commerce, ou encore le système de promotions permanent que l’on retrouve notamment sur les sites internet. Il pointe aussi les effets de l’incertitude politique : «l'absence de visibilité est un frein à la consommation et à l'investissement».

Autre cause soulevée : le manque de rentabilité. Près de 6 dirigeants sur 10 constatent une baisse de leur marge nette sur l’ensemble de l’année 2025. Le poids des charges, le coût des matières premières ou encore celui de l’énergie participent à cette conjoncture. «Si vous n'avez pas la possibilité de compenser par un surcroît de chiffre d'affaires, alors forcément votre marge baisse», explique le délégué général du SDI. Les difficultés pour se rémunérer expliquent aussi l’abandon de leur projet entrepreneurial. Plus d’un patron de TPE sur deux a vu ses revenus personnels baisser l’année dernière. Surtout, 53% d’entre eux se rémunèrent moins que le SMIC. Pour un grand nombre d’entre eux, «ils ne vivent plus de leur activité, et ça c’est une vraie problématique», selon le représentant de la SDI.

Un danger pour le commerce de proximité

Quelles seraient les conséquences d’un tel nombre de cessations d’activité ? L’enquête pointe un affaiblissement structurel du modèle économique de la proximité. Pour Jean-Guilhem Darré, cette situation risque d’engendrer une «dévitalisation du commerce local». «Dans un centre-ville, lorsque vous atteignez un certain seuil de vacance commerciale, c'est extrêmement difficile pour la commune de renverser la vapeur», affirme-t-il , en précisant que «moins de commercialité amène moins de consommateurs». Il souligne qu’il existe “une grande difficulté à réimplanter des commerces”.

Des recrutements à la baisse en 2026

Pour les entreprises qui se maintiendront, les difficultés subies par l'entrepreneur impacteront les embauches. Plus de 8 dirigeants de TPE sur 10 n’envisagent pas de recruter pour une création de poste en 2026, selon l’enquête. «Les perspectives économiques ne sont pas bonnes», explique le délégué général du SDI. «On n'a pas de visibilité sur 2026 sur un démarrage ou un redémarrage d'activité.»

Des réductions d’effectifs envisagées

Les équipes en place risquent, elles aussi, d’être touchées par la mauvaise de leur entreprise. 1 TPE sur 5 envisage de réduire ses effectifs au cours de l’année 2026. La réduction des effectifs est considérée comme «l’ultime recours», selon Jean-Guilhem Darré. «Si certains envisagent cela, c’est vraiment que la situation est grave.» En 2025, près d’un tiers des TPE avaient déjà dû réduire leurs équipes pour maintenir leur activité.

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