La France va probablement devoir encore attendre quelques semaines avant d’avoir un budget de l’État. Vendredi 16 janvier, Sébastien Lecornu a pris la parole sur le perron de Matignon, contraint de renoncer à un vote perdu d’avance. Il y a notamment annoncé des mesures allant dans le sens des socialistes, sans pour autant expliquer comment elles seraient financées. Les débats sont donc interrompus à l’Assemblée nationale, retardant encore le vote, pourtant tant attendu, du PLF (projet de loi de finances).

Les Français attendent donc encore un budget, et le patron de la CPME appelle à ce que «cette blague s’arrête». Interrogé au micro de Sud Radio, il explique que «pour les entreprises ça veut dire les investissements qui sont gelés, les recrutements qui sont décalés, et tout ça va avoir des conséquences importantes sur l’emploi, sur l’économie, sur la croissance…» Il ajoute avoir «l’impression qu’on est en train de jouer 2027 (élection présidentielle, NDLR) avec des propositions qui sont ahurissantes mais qui sont juste là pour des fins électoralistes»

Des débats qui mènent à de nouveaux impôts

Amir Reza-Tofighi ajoute que quand il «voit la teneur des débats à l’assemblée (il se dit) qu’il y a un moment où il faut arrêter cette discussion qui mène à toujours des nouveaux impôts qui sont sans aucune logique.» Il plaide pour un budget «pour nos entreprises, parce qu’un budget pro économie c’est un budget qui est pour les salariés, pour les travailleurs et pour les Français».

Le patron de la CPME tacle aussi les impôts français en comparaison à ceux des autres pays membres de l’Union européenne : «Est-ce qu’on pense que dans le pays qui taxe le plus en Union européenne, qui a le niveau de déficit le plus élevé, la solution c’est de taxer encore plus ?». Il assure que le niveau d’imposition est trop élevé pour les entreprises, qui «n’ont plus assez de moyens de recruter, de moyens de se développer, et qu’il faut donc baisser les impôts, à minima ne pas les augmenter, pour justement qu’elles puissent continuer à investir et continuer à être compétitives».