À défaut de taxer les plus riches avec la taxe Zucman, la gauche propose de leur emprunter de l’argent. Un «emprunt forcé» a été proposé au Sénat par les socialistes. Celui-ci ne concernerait que les Français les plus riches : ceux avec plus d’un million d’Euros de revenus par an ou 10 millions d’Euros de patrimoine, rapporte Franceinfo. 20 000 ménages seraient donc concernés par un tel emprunt, rapportant de 5 à 6 milliards d’Euros à l’État. Il est important de préciser que ce prêt sera à taux zéro. Les prêteurs n’auront donc pas d’intérêt financier sur cet argent rendu cinq ans plus tard.

Mais qu’en disent les concernés ? Nos confrères ont interrogé Eric Larchevêque, fondateur de The Bitcoin Society. Il parle d’une mesure «confiscatoire» : «En fait, l'État va prendre un capital chez les Français et il va l'allouer à un usage qui va être un petit peu diffus et inconnu, alors que le capital, nous, on va l'allouer à quelque chose qui va créer de l'emploi.» Pour l’entrepreneur dans la cryptomonnaie, «un tel emprunt forcé, pour moi, est confiscatoire et donc, évidemment, je me poserai la question de l'exil fiscal».

Un prêt ou un impôt caché ?

Pour Eric Heyer, directeur du département Analyse et Prévision de l'OFCE, le fait que cet «emprunt forcé» soit à taux zéro fait de lui un impôt : «C'est dire aux ménages aisés : 'On va te demander de nous prêter de l'argent à 0 % alors qu'il y a de l'inflation'. Donc, en fait, c'est un impôt. Soyons clairs, il vaut mieux dire aux Français les plus riches : 'On va te prélever un impôt’». Une vision que ne partage pas Henri Sterdyniak, cofondateur de l'OFCE et des Économistes Atterrés. Pour lui, il s’agit d’une «solution symbolique qui montre à l'ensemble de la population qu'on demande un effort aux plus riches et, par ailleurs, aux plus riches, on peut leur dire : 'C'est acceptable pour vous, ce n'est pas un impôt, cet argent, on vous le rendra dans cinq ans'».