En cette semaine de trêve du conflit entre l’Iran et les Etats-Unis, le trafic à travers le détroit d'Ormuz était «toujours inférieur de 90% aux niveaux normaux», a indiqué Bridget Diakun, analyste chez Lloyd's List Intelligence, presque entièrement porté par le commerce iranien. En effet, seulement quatre pétroliers et six vraquiers ont emprunté Ormuz depuis le cessez-le-feu, pendant que des centaines de navires de commerce restent bloqués dans le Golfe.

Signe direct d’un cessez-le-feu fragile entre Washington et Téhéran, ce bras de mer stratégique pour le commerce maritime international reste encore contrôlé durement par le régime iranien alors que sa libération était une des conditions de la trêve. Les franchissements devraient «rester à un maximum de 10 à 15 passages par jour si le cessez-le-feu tient», a estimé Ana Subasic, analyste chez Kpler, peut-on lire sur BFMTV.

Un système de péage pour passer le détroit

Sur les 315 passages effectués par des navires transportant des matières premières entre le 1er mars et le 8 avril, 202 concernaient des pétroliers ou des transporteurs de gaz, la plupart se dirigeant vers l'est, en direction du golfe d'Oman, montrent les données de Kpler. Aussi, tous les navires en route pour se lancer vers Ormuz provenaient d'Iran ou s'y dirigeaient ou bien affichaient des liens avec des pays non hostiles à la République islamique.

Pour appuyer un peu plus encore leur contrôle sur le détroit, les Gardiens de la Révolution iraniens ont imposé, jeudi 9 avril, des itinéraires alternatifs pour les navires empruntant le détroit, invoquant le risque de mines marines sur l'itinéraire habituel plus au large de ses côtes. À l'exception de trois pétroliers omanais ayant traversé ce détroit la semaine dernière, tous les bâtiments récemment passés ont, selon des médias, été contraints de payer un péage.