Quelques instants seulement après sa présentation au balcon de la basilique Saint-Pierre comme nouveau souverain pontife, Donald Trump n’avait pas caché sa fierté de voir pour la première fois un cardinal américain devenir le chef de l’Église catholique. «Quelle excitation et quel grand honneur pour notre pays», a-t-il écrit sur ses réseaux sociaux. Pourtant, alors que le président américain a d’ores et déjà annoncé avoir pris contact avec Léon XIV pour le rencontrer, il se pourrait bien que le soufflé retombe rapidement et que les relations entre l’homme de foi et le milliardaire républicain ne soient pas placées sous les meilleurs auspices.

En cause, des messages partagés ces dernières années par Léon XIV - Robert Francis Prevost de son vrai nom -, sur son compte X (ex-Twitter) et qui se veulent pour le moins critiques à l’encontre de Donald Trump et de son vice-président J. D. Vance. Le 3 février dernier, Léon XIV avait ainsi retweeté un article intitulé «J. D. Vance a tort : Jésus ne nous demande pas de hiérarchiser notre amour pour les autres», rapporte Ouest-France. Alors qu’il s’est converti au catholicisme en 2019, l’article publié sur le site National Catholic Reporter adressait une critique à l’encontre du vice-président américain qui avait affirmé que la charité d’un chrétien devait bénéficier en priorité à ses concitoyens et à ses proches et non pas aux étrangers. Une sortie qui avait déjà suscité des reproches de la part du pape François qui avait critiqué une interprétation nationaliste de J.D. Vance.

Proche d’un des grands opposants de Donald Trump

Surnommé par La Repubblica «le moins américain des Américains», Léon XIV n’est pourtant pas à son coup d’essai. En avril, alors que Donald Trump et le président du Salvador, Nayib Bukele, s’étaient rencontrés pour discuter d’une prison à l’intérieur de laquelle des violations aux droits humains auraient été commises, Robert Prevost n’avait pas hésité à republier un commentaire disant : «Ne voyez-vous pas la souffrance ? Votre conscience n’est-elle pas troublée ?» En 2017, lorsque Donald Trump était déjà à la tête des États-Unis, l’homme de foi avait également retweeté un post dans lequel l’organisation humanitaire Catholic Relief se disait inquiète de l’éloignement des États-Unis de ses objectifs en matière de réduction des émissions de carbone après plusieurs décisions du président américain. En janvier de la même année, le nouveau souverain pontife avait encore partagé un message d’hostilité à l’administration Trump vis-à-vis des étrangers qualifiés par le milliardaire américain de «mauvais hommes». Une rhétorique jugée «problématique» dans une tribune déjà partagée en 2015 par Robert Prevost.

Proche d’un des plus grands opposants de Donald Trump au sein de l’épiscopat américain, l’archevêque de Chicago Blase Cupich, les prises de position de Léon XIV n’ont pas échappé à plusieurs figures de l’extrême droite. «Il est anti-Trump, anti-MAGA, pro-ouverture des frontières et un marxiste convaincu comme le pape François», a fustigé sur X Laura Loomer, une militante réputée influente auprès de Donald Trump. «Le pape Léon XIV : républicain de Chicago et militant pro-vie OU partisan mondialiste de l’ouverture des frontières, nommé pour contrer Trump ?», s’est de son côté interrogé le militant d’extrême droite, Charlie Kirk.