Sébastien Lecornu a voulu marquer de son empreinte le début de son mandat à Matignon avec des mesures fortes même si elles peuvent paraître symboliques au regard des milliards d'euros d’économies à trouver en vue du budget 2026. Pas de suppression de deux jours fériés et surtout la fin des privilèges à vie pour les anciens Premiers ministres. Alors que des «délégations interministérielles» et des «offices» se sont accumulés, selon lui, le Premier ministre souhaite réduire le train de vie de l’Etat. Ainsi, le 15 septembre, la secrétaire générale du gouvernement a reçu une instruction afin de modifier le décret du 20 septembre 2019 d’Édouard Philippe relatif à ces avantages.

Selon le Journal officiel, le décret modifié a été publié le lendemain, le 16 septembre, et il fixe la date de son entrée en vigueur : «La cessation de l'avantage pour les anciens Premiers ministres ayant quitté leurs fonctions il y a plus de dix ans prend effet le 1er janvier 2026», peut-on lire. Les Premiers ministres qui en bénéficient encore y auraient donc encore droit un peu plus de trois mois. Ce décret met à jour l'article 2 du décret n° 2019-973 en précisant la période pendant laquelle «les dépenses afférentes» seront conservées, à savoir «pendant une durée maximale de dix ans à compter de la fin de leurs fonctions».

Valls et Cazeneuve conservent leurs avantages (pour le moment)

Cela veut dire que tous les Premiers ministres qui ne sont plus en fonction depuis plus de dix ans n’y auront plus droit. Mais alors, qui n’aurait donc plus droit à ces privilèges à vie ? Si l’on se réfère à la date d’entrée en vigueur annoncée, à savoir le 1er janvier 2026, cela concerne Jean-Marc Ayrault, François Fillon, Dominique de Villepin, Jean-Pierre Raffarin, Lionel Jospin, Alain Juppé, Edouard Balladur, Edith Cresson ou encore Laurent Fabius.

A noter que Manuel Valls et Bernard Cazeneuve échappent de peu à la fin de ces avantages à vie, puisque leurs mandats se sont respectivement terminés le 6 décembre 2016 et le 15 mai 2017. Toutefois, le décret précise certains éléments, à commencer par l’agent mis à disposition pour leur secrétariat particulier «sur leur demande». En effet, cela concerne une «durée maximale de dix ans à compter de la fin de leurs fonctions et au plus tard jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge de soixante-sept ans». Ainsi, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve y ont encore droit.

Une protection policière différente

En outre, l’Etat met à disposition un véhicule de fonction avec chauffeur «et prend en charge les dépenses afférentes, pendant une durée maximale de dix ans». En revanche, le décret ne s’applique pas aux «anciens Premiers ministres qui disposent d'un véhicule de fonction pour l'exercice d'un mandat parlementaire, d'un mandat d'élu local ou d'une fonction publique». En outre, la protection policière évolue. Les anciens locataires de Matignon pourront en bénéficier «pendant trois ans à compter de la fin de leurs fonctions» et elle pourra être renouvelée «après une évaluation de sécurité».