Comme le relaie BFMTV, devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale ce 24 mars, le ministre de l’Economie a alerté : la guerre au Moyen-Orient, et plus particulièrement la situation au Détroit d'Ormuz, provoque «un nouveau choc pétrolier», qui pourrait peser durablement sur l’économie. Ces chocs, «on en a connu une dizaine depuis 50 ans» souligne Roland Lescure, pour qui «l'hypothèse d’une crise passagère, dont les conséquences économiques s'effaceraient avec la fin des bombardements, n'est malheureusement désormais plus d’actualité». Selon lui, 15 à 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux ne parviennent plus sur les marchés, soit un manque de 11 millions de barils par jour pour l'économie mondiale.

«Si ce choc énergétique persiste au-delà de quelques semaines, la crise pourrait se diffuser plus largement à l'économie, et être au fond d'une nature plus systémique», a averti le ministre. Malgré ce scénario, la France reste relativement protégée par rapport à ses voisins européens. Ces derniers «sont plus exposés, ils subissent la volatilité des marchés gaziers. Le gaz c'est 45% du mix énergétique en Italie et en Grèce, c'est 17% en Allemagne. En France ce n'est que 5 %», a-t-il expliqué. Le ministre a également mis en avant une inflation contenue à 0,7 % dans l'Hexagone, contre 3 % en Espagne, pour justifier des réponses adaptées à chaque pays.

L'Insee prévoit une croissance ralentie à 0,2 % aux deux premiers trimestres

Roland Lescure a aussi insisté sur la résilience du système électrique français. «3 % du prix de l'électricité est fixé par le gaz en France, en Espagne c'est 18 %», a-t-il précisé. Grâce au nucléaire et au développement des énergies renouvelables, «on n'a pas de sujet sur l'électricité», a-t-il ajouté. Roland Lescure a également chiffré l’impact potentiel pour la France : «Une hausse permanente de 10 dollars du baril représente environ 0,1 point de croissance en moins, et 0,3 point d’inflation en plus». Un baril à 100 dollars, soit un choc de 35 dollars par rapport au scénario d'avant-crise, pourrait réduire la croissance de 0,3 à 0,4 point et augmenter l'inflation d'un point. L'Insee prévoit ainsi une croissance ralentie à 0,2 % au premier et au deuxième trimestre.