Des millions de barils de pétrole sont toujours coincés au détroit d’Ormuz, à cause de la guerre au Moyen-Orient. Cette situation, en plus de la catastrophe humaine, représente un véritable «choc pétrolier», selon Marc Touati. Invité d’Europe 1, dimanche 29 mars, l’économiste regrette que le ministre de l’Économie Roland Lescure ait d’abord utilisé ce terme avant de se rétracter. Pour lui, il faut se rendre à l’évidence : «Quand le baril passe de 70 dollars à 150 dollars, évidemment que c’est un choc pétrolier.»

Marc Touati dénonce également la communication du gouverneur de la Banque de France à propos de la situation pétrolière dans le monde, et sur son impact sur l’économie française. L’économiste assure qu’il ne s’agit pas que d’«inflation sur l’énergie» et que prétendre l’inverse représente «du mépris à l’égard des Français». Cette situation lui rappelle d’ailleurs celle des gilets jaunes, dont les manifestations avaient été déclenchées par des prix à la pompe qui avaient explosé.

Un impact sur toute l’économie

Pour Marc Touati, la guerre au Moyen-Orient n’a pas qu’un impact sur le prix des carburants. Il assure qu’«on voit déjà que ça commence à se répercuter sur l’ensemble des biens à la consommation, sur l’ensemble des services également». Il faut tout de même rappeler que selon les dernières prévisions de l’Insee, publiées mardi 24 mars, «l’envolée des cours de l’énergie ne se transmettrait pas encore aux autres composantes de l’inflation». Cela serait dû au fait que la hausse des prix n’était pas prévue et n’a donc pas été entérinée lors des négociations salariales annuelles. L’institut de la statistique précise tout de même qu’il y a une exception pour le transport aérien à cause de l’augmentation du prix du kérosène.