
Le gouvernement a décidé de faire de la hausse des prix des carburants une lutte de tous les instants depuis quelques jours. Dans un contexte toujours aussi tendu au Moyen-Orient, où le baril de pétrole a bondi, les prix à la pompe ont grimpé en France, dépassant les deux euros dans de nombreuses stations-service. Le Premier ministre a ainsi annoncé 500 contrôles supplémentaires, qui ont déjà été effectués en deux jours, a confirmé sur RMC le ministre de l’Economie, plus précisément 513. Mais en réalité, est-ce vraiment possible de contrôler les prix ?
«On contrôle et on mesure tous les prix», a nuancé Roland Lescure, avant de concéder qu’il ne pouvait «pas empêcher un distributeur de hausser les prix, car c’est la concurrence». Toutefois, il assure pouvoir prendre des mesures : «Je peux mesurer, regarder la distribution, identifier ce qui ont font trop, pointer du doigt, faire en sorte qu’on ait une transparence absolue.» Parmi les sanctions relevées ces derniers jours, la Répression des fraudes a noté des pratiques trompeuses, des erreurs ou encore des publicités mensongères.
Le ministre veut que «les brebis galeuses rentrent dans le rang»
Le locataire de Bercy a relevé «10% qui vendent leur gazole au-delà de 2,30 euros le litre», et souhaite désormais des «explications, de l’engagement, de la correction de la part des distributeurs», sinon, il met en garde : «Il faudra qu’on envisage d’aller plus loin.» C’est dans ce cadre qu’il reçoit justement les distributeurs ce jeudi 12 mars : «Je souhaite qu'on corrige les anomalies», a-t-il martelé sur RMC, demandant par ailleurs que «les brebis galeuses rentrent dans le rang».
A ce jour, selon le ministre de l’Economie, il n’y a pas de risque de pénurie de carburant. «On a 108 jours d’importations, de réserves», a reconnu Roland Lescure, ajoutant qu’il y a aujourd’hui dans le monde «un peu plus d’un milliard de stocks stratégiques». Il a appelé les détenteurs de ces stocks à agir «de manière coordonnée», en envoyant un message clair : «Si on ne peut pas rouvrir le détroit d’Ormuz tout de suite, on va le remplacer par d’autre pétrole qui vient d’ailleurs et qui va circuler dans le monde.»
Le ministre est enfin revenu sur les propositions de baisses de taxes ou de blocage des tarifs. Comme le ministre du Commerce ou la porte-parole du gouvernement, Roland Lescure a rappelé que la Ticpe était une taxe assise sur les volumes. Or, «le volume va baisser, de 10 à 20% (…) les Français conduisent moins» et il y aura également un effet négatif sur la TVA du fait des volumes. «Quand le prix de l’essence monte, c’est une mauvaise affaire pour l’Etat ais surtout pour tout le monde», a-t-il conclu.



















