Le secteur du tourisme va-t-il pâtir indirectement de la guerre au Moyen-Orient ? Il se pourrait bien que oui dans les semaines à venir, à en croire un sondage mené par Elabe pour BFMTV. Si plus de six Français sur dix se disent contraints à des renoncements au quotidien, ils sont surtout près de quatre sur dix à avoir abandonné l'idée de «partir en vacances ou en week-end». La faute, évidemment, à la hausse des tarifs des carburants qui tutoient les deux euros le litre pour l’essence et dépassent allègrement les 2,25 euros pour le diesel.

«Le renoncement aux trajets, lié à la hausse du prix de l'essence, touche plus fortement les automobilistes des petites et moyennes agglomérations et ceux issus des catégories populaires», indiquent les auteurs du sondage. Mais ce n’est pas tout. Les Français interrogés renoncent également pour un tiers à «faire du shopping» et pratiquement pour la même proportion à «faire une sortie». Si toute la population est concernée, c’est encore plus le cas pour les actifs, souligne BFM.

Encadrer les marges des distributeurs jugé inefficace

Toujours dans le souci de faire des économies liées au carburant, près de six Français sur dix interrogés disent utiliser moins leur véhicule depuis le début du conflit au Moyen-Orient, tandis que le budget de 46% des sondés est impacté. Faut-il pour autant aider tous les Français ? Non, pour plus de la moitié des personnes interrogées. Ils sont en revanche près de trois quarts à penser qu’il faut mettre en place des «aides ciblées aux professionnels et foyers les plus modestes» et 78% à vouloir une «baisse des taxes».

Dans tous les cas, le gouvernement ne compte pas mettre en place d’aide généralisée pour tous les Français. Si des mesures sont encore à l’étude, il songerait à un décret pour baisser les marges des distributeurs afin de réduire les prix à la pompe, mais cette idée est loin de faire consensus dans la grande distribution. D’ailleurs, les Français ne semblent pas non plus favorables à une telle mesure, 47% la jugeant inefficace. Les distributeurs n’ont de cesse de répéter qu’ils ne réalisent que 1% à 3% de marge.

Les réservations en baisse

Un sondage qui en dit long sur l’état d’esprit des Français actuellement. D’ailleurs, selon RMC, les réservations pour les vacances de Pâques ou du printemps sont en nette baisse. Les Français revoient leurs plans pour dépenser moins en partant moins loin, moins longtemps et en limitant les achats sur place. Selon PAP.fr, les réservations sont en baisse de 2% par rapport à la même époque l’année dernière. Il y a également de nombreuses annulations de dernière minute, ce qui profite à certaines régions comme la Bretagne et la Normandie. En revanche, le sud en pâtit.