
Mauvaise nouvelle : vos achats en ligne risquent de prendre du retard. Le conflit au Moyen-Orient provoque en effet un ralentissement sans précédent du commerce maritime mondial. Plusieurs plateformes d’e-commerce alertent déjà leurs clients : les délais de livraison pourraient s’allonger, allant de quelques jours à plus d’une semaine. Le détroit d’Ormuz, désormais bloqué, est un point clé pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
Mais il ne concerne pas seulement l’énergie : automobiles, produits industriels, cosmétiques, produits pharmaceutiques, céréales ou marbres précieux transitent également par cette voie, rapporte Brut. Selon Anne-Sophie Fribourg, vice-présidente de l’Union TLF, qui représente les commissionnaires de transport en France, le port de Dubaï, à Jebel Ali, est une plaque tournante régionale. Les porte-conteneurs y sont transbordés sur des navires plus petits à destination de pays allant de l’Afrique de l’Est à l’Inde.
Retards de livraison pour Amazon, Temu et Shein
Les perturbations actuelles sont exceptionnelles. Il n’y a jamais eu de fermeture totale du détroit d’Ormuz, même pendant la guerre Iran-Irak ou la guerre du Golfe, rappelle Paul Tourret, directeur de l’Institut supérieur d’économie maritime français. Aujourd’hui, les plus grands armateurs, dont MSC, Maersk, CMA CGM, Hapag-Lloyd et Cosco, ont suspendu les rotations de leurs navires dans la zone, préférant les mettre à l’abri. Sur les cartes de suivi maritime, on observe ainsi des bateaux immobilisés au nord près du Koweït, autour de Dubaï et devant Bandar Abbas, côté iranien.
Le blocage du détroit entraîne déjà des changements d’itinéraires. Les navires quittant l’Asie pour l’Europe évitent le canal de Suez et la mer Rouge, craignant de nouvelles attaques des Houthis, alliés de l’Iran. Le contournement par le cap de Bonne-Espérance, à l’extrémité sud de l’Afrique, rallonge le trajet d’une dizaine de jours et augmente le coût du fret d’environ 30%. Pour les consommateurs, cela se traduit par des délais supplémentaires sur les commandes de plateformes comme Amazon, Shein et Temu, selon Bloomberg.
Outre le pétrole et le gaz, le Moyen-Orient exporte de l’aluminium, des engrais, des plastiques et divers produits industriels. Les perturbations sur le détroit d’Ormuz affectent donc directement l’approvisionnement de nombreux secteurs, accentuant les pressions sur les prix et l’inflation à l’échelle mondiale.



















