
Alors que la menace douanière américaine pèse sur la Chine, une autre plane au-dessus de l’Europe : celle de l’afflux massif de produits chinois à prix cassés. Pour réguler ces importations et éviter une guerre commerciale avec Pékin, le ministre de l’Economie, Eric Lombard, a détaillé dans une interview accordée au magazine Paris Match ce mardi 29 avril les mesures envisagées par le gouvernement. «Les autorités chinoises ont annoncé vouloir réactiver leur consommation intérieure», explique le locataire de Bercy.
«Cependant, nous restons vigilants et suivons quotidiennement les flux de marchandises entrant. Et si une hausse anormale des exportations vers l’Europe était constatée, nous pourrions mettre en œuvre des mesures de sauvegarde», poursuit-il. Ces mesures sont prévues par le règlement européen et permettent de «restreindre temporairement les importations d’un produit pour protéger l’industrie nationale». Cependant, avec l’essor du e-commerce et des sites d’ultra-fast fashion Shein et Temu, les produits chinois affluent massivement en France.
Suppression de l'exemption des droits de douane
«Ce sont des milliers de tonnes de produits qui sont ainsi transportés quotidiennement par avion», souligne Eric Lombard. D’après Paris Match, cela représente précisément 5 000 tonnes quotidiennes pour Shein et 4 000 pour Temu. Pour réguler ces flux de marchandises, qui menacent l’industrie du Vieux Continent, la Commission européenne propose une réforme de l'union douanière. Celle-ci prévoit la suppression, d’ici 2028, de l'exemption des droits de douane pour les colis d'une valeur inférieure à 150 euros.
Concrètement, les petits colis seront donc plus chers. L’exécutif planche actuellement sur un modèle de contribution aux «frais de gestion» sur chaque colis. Ces fonds serviront à renforcer les contrôles douaniers dans les centres postaux de la région parisienne, dans le but de lutter contre la contrebande et les trafics illicites, précisent nos confrères
«Ce que la France propose, c'est que d'ici à 2028, c'est de créer une coalition européenne pour que nous ayons très rapidement, si possible dès 2026, une contribution forfaitaire qui nous permettent d'avoir les moyens de nos contrôles», a, de son côté, expliqué ce mardi Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics. Bercy se prépare à riposter face aux géants chinois…


















