Le chemin pour parvenir à voter un budget 2026 a été semé d’embûches, et le chemin pour obtenir un budget 2027 pourrait l’être encore davantage. Selon l’analyse de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) relayée par TF1, le plus difficile reste à venir. En effet, pour tenir nos engagements vis-à-vis de l’UE, il faudrait faire des économies encore plus importantes qu’en 2026.

Pour 2027, selon l’OFCE, il faudrait donc trouver 40 milliards d’euros d’économies supplémentaires. Un objectif difficile à atteindre dans le contexte actuel : le gouvernement s’est engagé à ramener le déficit à 5 % du PIB en 2026, mais selon ses engagements européens, il devra le ramener à 3 % en 2029.

Un effort structurel en pleine campagne présidentielle

«Si la France souhaite être en phase avec la recommandation du Conseil, l’ajustement structurel primaire de 2027 devrait être de 0,8 point de PIB, ce qui rend encore plus difficile l’équation budgétaire pour le projet de loi de finances pour 2027, qui par ailleurs aura lieu en pleine campagne présidentielle», indique l’OFCE. Cet ajustement se rapporte à la diminution du déficit hors charge de la dette et éléments conjoncturels. Mais ce 0,8 point de PIB ne prend pas en compte des facteurs qui pourraient bien aggraver encore davantage le déficit en 2027, comme la fin de la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises, ou encore les dépenses militaires prévues dans le cadre de la loi de programmation militaire.

Pour atteindre les objectifs européens, le gouvernement devra donc fixer 1,2 point de PIB de «mesures brutes de consolidation budgétaire primaire en 2027», d’après l’OFCE. Le travail sera donc encore plus compliqué. Selon Carine Camby, présidente de la première chambre de la Cour des comptes, les parlementaires ont «fait le plus facile» en 2026, grâce à des hausses d’impôts. Reste à voir quelles options seront viables pour atteindre un tel niveau de réduction du déficit.