Vers une situation totalement inédite ? Si Léon XIV est le premier pape de l’histoire à être de nationalité américaine, il pourrait prochainement renoncer à celle-ci. En effet, comme l’explique La Dépêche, le souverain pontife est dans l’obligation de rendre des comptes à l’administration fiscale américaine, sauf s’il renonce à sa nationalité. Outre-Atlantique, la loi impose que toute personne qui possède la nationalité américaine doit payer des impôts sur ses revenus. Le fisc américain est donc dans son droit s’il souhaite connaître en détail les dépenses du pape.

Même si Léon XIV ne perçoit pas de salaire, il a accès à des comptes du Vatican qu’il utilise pour des dépenses caritatives et personnelles. Il peut également recevoir des revenus annexes comme la vente de livres et recevoir des cadeaux. En 2017, le pape François avait reçu une Lamborghini qu’il avait ensuite revendue. «Il n’y a pas d’exception pour les responsables de gouvernements étrangers, et le pape ne serait pas le premier dirigeant étranger pris dans les filets du fisc», affirme Brandon Mitchener, directeur de l’association «Tax fairness for Americans abroad», auprès du Wall Street Journal. En 2016, Boris Johnson, alors ministre britannique des Affaires étrangères, avait été obligé de renoncer à son passeport américain pour cette raison.

Pas de distinction entre les actifs privés et ceux liés à des fonctions officielles

Ainsi, cette situation inquiète particulièrement l’Église car le pape reste le chef de la Banque du Vatican. Or, la loi Fatca, qui oblige à communiquer les informations sur les avoirs et les revenus détenus par les clients contribuables américains, «ne fait pas toujours clairement la distinction entre les actifs privés et ceux liés à des fonctions officielles». Toutefois, cette règle sera difficilement applicable en raison de «l’absence probable» de richesse de Léon XIV.