
Le géant des mers de la Marine nationale se profile. Ce mercredi 18 mars, sur le site de Naval Group, à Indret près de Nantes, le président de la République présentera les grandes lignes du futur porte-avions de nouvelle génération (PANG). Prévu pour entrer en service en 2038, après des essais en mer à partir de 2036, ce navire sera le plus imposant jamais construit en France : 78 000 tonnes contre 42 000 pour le Charles-de-Gaulle, 310 mètres de long et 90 mètres de large, soit 40% de surface supplémentaire. Emmanuel Macron pourrait également dévoiler son nom, Richelieu figurant parmi les options évoquées.
A l’échelle mondiale, seuls les Etats-Unis et la France disposent de porte-avions à propulsion nucléaire, contre des modèles à propulsion classique en Chine et en Inde. Le futur PANG représente un investissement colossal : au moins 12,2 milliards d’euros, hors infrastructures d’accueil et sans compter les aéronefs (30 avions de combat, deux avions de guet aérien, six hélicoptères et des drones), selon le projet de loi de finances pour 2026, rapporte La Tribune. Pour financer ce montant, l’Etat a prévu un échelonnement, avec une première tranche de 8,5 milliards fin 2025 et une seconde de 2,5 milliards en 2026. L’Elysée souhaite également mobiliser des financements privés, notamment auprès «des grands donneurs d’ordre».
Une puissance opérationnelle inédite
Le PANG offrira une capacité opérationnelle largement supérieure à celle du Charles-de-Gaulle. Grâce à son tonnage, il pourra simultanément catapulter et récupérer les avions sur trois pistes distinctes, permettant d’exploiter au mieux la surface du pont et d’accueillir environ 40 avions. Cette configuration, jusqu’ici réservée aux porte-avions américains de dernière génération, promet une flexibilité inégalée pour les opérations aériennes.
Le navire pourra embarquer un équipage de 2 000 marins et sera conçu pour évoluer avec les futures générations d’avions et de systèmes de combat. Il disposera d’une grande capacité de stockage de munitions et de systèmes défensifs modulaires, adaptables aux menaces tout au long de sa durée de vie. Sa conception intégrera également une architecture numérique moderne, cybersécurisée, compatible avec l’intelligence artificielle et le combat collaboratif.
Près de 800 entreprises mobilisées
Les maîtres d’œuvre - Naval Group, les Chantiers de l’Atlantique et TechnicAtome - travailleront avec près de 800 entreprises françaises, dont plus de 600 ETI et PME, couvrant plus de 200 métiers industriels. Entre 2026 et 2038, le programme mobilisera en moyenne 8 500 à 8 800 personnes, avec un pic de 14 000 emplois. Les principales retombées économiques profiteront aux Pays de la Loire, à la Bretagne et à la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Plus de 90% du coût sera directement injecté dans l’économie française.
Le PANG sera également équipé de deux catapultes électromagnétiques de conception américaine (General Atomics), capables de lancer tous types d’aéronefs, y compris des drones, renforçant encore sa polyvalence et sa puissance stratégique.


















