
Une «situation de surendettement intenable». Mardi 15 avril, François Bayrou a pris la parole à la suite du «comité d’alerte du budget», qui a réuni plusieurs membres de son gouvernement, des parlementaires, des représentants d’organismes de sécurité sociale et des syndicats. Le chef du gouvernement a présenté les grandes orientations du budget de l’année à venir. Il a insisté sur le «piège» de la dette française, qui menace «la survie de notre pays».
La dette française a dépassé les «110 % du PIB», a alerté François Bayrou - elle représente 60% du PIB allemand, à titre de comparaison. La dette publique s’établit à 3 305,3 milliards d’euros à la fin du quatrième trimestre 2024, selon l’Insee. Cela représente «plus d’une année de la totalité de ce que notre pays a produit, dans toutes ses activités agricoles, industrielles, intellectuelles, dans la santé ou le soin», a-t-il comparé. C’est «comme si chaque Français, quel que soit son âge, devait à sa banque près de 50 000 euros. 200 000 euros pour une famille de quatre personnes», a ajouté le locataire de Matignon. Un chiffre qui donne le tournis.
48 178 euros de dette par Français depuis janvier 2025
«Il s’agit du montant de la dette rapporté à la population», a précisé le cabinet du Premier ministre. Au 1er janvier 2025, la France comptait 68 606 000 habitants, selon l’Insee. Si l’on divise le montant de la dette publique par le nombre de citoyens français, on obtient 48 178 euros. En septembre 2024, la dette publique rapportée au nombre d’habitants était de 48 308 euros. Fin 2015, ce chiffre était d’environ 31 485 euros. Dix ans plus tôt, en 2005, il était d’environ 18 245 euros par Français.
Notons qu’à cette dette s’ajoute le remboursement des taux d’intérêt, qui progressent année après année. C’est la «charge de la dette», a rappelé François Bayrou, soit «l’ensemble des dépenses des administrations publiques consacrées au paiement des intérêts de cette dette». Son montant est de 62 milliards pour cette année et pourrait grimper à 100 milliards d’euros en 2029, selon le chef du gouvernement.
Dette: "C'est comme si chaque Français devait à sa banque près de 50 000€", détaille François Bayrou pic.twitter.com/0yxcz7VIFp
— BFMTV (@BFMTV) April 15, 2025
Si François Bayou estime que «l’héritage national» au sens de la dette «n’est pas récusable» et que les «salariés d’aujourd’hui, pas plus que nos enfants et nos petits-enfants, n’auront aucune possibilité de refuser la charge de la nation qu’on leur aura laissée», les chiffres qu’il avance sont plus une image qu’un indicateur économique.
Par ailleurs, certains économistes insistent aussi sur la valeur des actifs publics, dont le montant augmente avec les dépenses de l’Etat. Dans une tribune publiée début janvier sur Libération, les Economistes atterrés, une association regroupant plusieurs chercheurs, estiment que le montant des actifs publics était de 4 404,9 milliards d’euros en 2022. Cela signifie que chaque Français naît avec «une richesse nette de 12 684 euros», selon les économistes signataires de cette tribune.




















