C’est le jour J. Ce mardi 15 juillet, François Bayrou doit dévoiler les premières orientations du budget 2026. Le Premier ministre se retrouve face à une équation délicate : trouver 40 milliards d’euros pour redresser les finances publiques, sans déclencher une nouvelle crise sociale. Comme l'indique BFMTV, parmi les pistes les plus sensibles, figure celle d’une «TVA sociale», consistant à augmenter la taxe sur la consommation pour compenser une baisse des cotisations sociales. Soutenue par une partie de la majorité, elle se heurte à une opposition farouche : la gauche la juge «antisociale» et le Rassemblement national a déjà brandi la menace d’une motion de censure.

Autre levier polémique : la «taxe Zucman», défendue par la gauche et inspirée des travaux de l'économiste Gabriel Zucman. Elle viserait les quelque 1 800 Français les plus fortunés détenant plus de 100 millions d'euros de patrimoine, via une contribution annuelle de 2%, avec un rendement espéré de 20 milliards d'euros. Mais cette mesure, très clivante, semble pour l’instant exclue des arbitrages finaux. Plus probable, en revanche, un durcissement des règles de l'assurance chômage, dont le déficit continue de se creuser. Selon Les Echos, une réforme est à l'étude, alors même que des économies sur les indemnités journalières sont déjà prévues par l'Assurance maladie.

Fonction publique, retraites : les grands chantiers du gouvernement

L'autre piste centrale explorée par Matignon concerne la «maîtrise» des dépenses publiques. En avril dernier, une circulaire appelait à contenir les hausses de la masse salariale de la fonction publique, dont le coût a bondi à 107 milliards d'euros en 2024. Parmi les leviers évoqués : le gel des embauches et la non-reconduction d'un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique d'Etat, pour une économie espérée de 500 millions d’euros.

Mais le chantier le plus explosif reste celui des retraites. Le Comité de suivi des retraites (CSR) a ouvert la voie à une désindexation temporaire des pensions sur l'inflation, qui rapporterait 3,7 milliards d'euros selon l'OFCE. Une mesure qui toucherait directement près de 10 millions de ménages retraités, et réduirait leur pouvoir d’achat de plusieurs centaines d’euros par an. Autre possibilité évoquée : une hausse ciblée de la CSG sur les pensions, épargnant les retraités les plus modestes.

Un gel généralisé en guise d'«année blanche» ?

Pour limiter la casse, certains plaident pour une solution moins brutale en apparence : l'«année blanche». Il s'agirait de reconduire à l'identique certaines dépenses publiques entre 2025 et 2026, sans augmentation. Selon le Sénat, cela permettrait d'économiser jusqu’à 10 milliards d'euros, hors défense, dette et contribution européenne. L'OFCE, plus prudent, table sur 5,7 à 6 milliards d’euros.

En parallèle, d'autres sources d’économies sont explorées. La «rationalisation» des agences publiques pourrait rapporter jusqu'à 3 milliards d’euros, selon le gouvernement. Et le gel du barème de l'impôt sur le revenu, en ne réévaluant pas les tranches pour tenir compte de l'inflation, permettrait d'engranger 1,2 milliard d'euros supplémentaires.

Mais comme le souligne BFMTV, sans ajustement, des ménages jusque-là non imposables seront soumis à l'impôt et d'autres verront leur niveau d'imposition augmenter. Pour François Bayrou, la présentation du plan budgétaire s'annonce donc comme un exercice d'équilibriste tant les marges de manœuvre sont minces et les arbitrages, potentiellement explosifs.