
Les sites permettant aux patients d’obtenir un arrêt de travail sans avoir à consulter un médecin sont dans le viseur du gouvernement. Face à la fraude, «nous n’avons pas la main qui tremble», a assuré Amélie de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics, auditionnée à l’Assemblée mercredi 25 juin au sujet des dérapages des comptes de la Sécurité sociale. Dénonçant l’essor de ces plateformes frauduleuses, elle a pointé un phénomène persistant : «Ce qui est terrible, c’est qu’on en ferme tout le temps. On en ferme, et elles se recréent, c’est comme les champignons. Il y a une saison où, vous avez beau en ramasser, vous en trouvez toujours.»
Pour la ministre, «il y a un enjeu de force et de capacité». «Certains vont même à s’interroger sur est-ce qu’on doit continuer à avoir des arrêts maladie par téléconsultation ?», a-t-elle déclaré. Et d’ajouter : «Je pense que c’est un sujet qu’il nous faut regarder.» Une mesure qui risque de diviser les patients comme les professionnels. Pour les uns, la téléconsultation reste un outil précieux, notamment dans les zones manquant de médecins. Pour d’autres, elle ouvre la porte à des abus difficiles à contrôler, faute d’examen physique. Le sujet pourrait donc vite devenir un point central des prochaines réformes.
La médecine du travail «embolisée»
Lors de son audition, Amélie de Montchalin s’est également interrogée sur la procédure de reprise après un arrêt long : «Pourquoi quand on a un arrêt de plus d’un mois, il faut systématiquement passer devant un médecin du travail pour reprendre son travail ?» a-t-elle lancé.
«Aujourd’hui, la médecine du travail est totalement embolisée. Elle ne peut plus remplir ses missions premières parce qu’elle est embolisée à revoir des patients qui pourraient très bien soit voir un généraliste, soit juste retourner au travail, et ne pas avoir une contre-visite avant reprise après un arrêt de plus d’un mois», a estimé la ministre chargée des Comptes publics. Cette année, le gouvernement prévoit d’économiser 1,7 milliard d’euros sur les dépenses de santé.


















