Les Vingt-Sept ont rendez-vous ce jeudi 12 février au château d'Alden Biesen, en Belgique pour un sommet informel consacré à la compétitivité européenne alors que la menace chinoise est de plus en plus importante. En marge de ce sommet, la présidente de la Commission européenne a envoyé un courrier aux chefs d’Etat lundi, rapporte Euractiv, où elle mentionne le fait que «la fragmentation règlementaire entre pays membres équivaut à des barrières commerciales comparables à des droits de douane de 45% sur les biens et de 110% sur les services».

C’est d’ailleurs dans ce cadre que, pour renforcer la base industrielle de l’UE, Ursula von der Leyen a réclamé «une préférence européenne» obligatoire. Une position partagée par Emmanuel Macron côté français, qui a plaidé dans la foulée pour une dette commune européenne via des eurobonds afin d’investir dans des secteurs-clés comme l’IA ou l’écologie. Si ce point de vue a été partagé par de nombreux chefs d’entreprise, au sein de l’UE, la proposition est loin de faire consensus, rapporte BFM. En premier lieu la Suède, qui, par l’intermédiaire de son Premier ministre suédois Ulf Kristersson, s’est montrée «très sceptique» dans le Financial Times.

La Suède plaide pour des mesures ciblées, mais «limitées»

Le Premier ministre suédois ne semble pas croire au «Achetez européen» pour «protéger les entreprises européennes en évitant de commercer ou de nouer des partenariats avec d’autres pays». Libéral et conservateur, Ulf Kristersson n’a aucune intention de «protéger les entreprises qui ne sont pas compétitives» et ajoute dans le quotidien britannique : «Nous devons être compétitifs grâce à la qualité et à l’innovation, et non parce que nous essayons de protéger les marchés européens.»

Afin de renforcer l’indépendance européenne, la Suède plaide davantage pour «des mesures ciblées et plus fortes», mais qui doivent être «limitées, proportionnées et fondées sur une compréhension claire de leurs conséquences». La Suède n’est d’ailleurs pas le seul pays à s’accorder sur ce point puisque les trois pays baltes, la Finlande et les Pays-Bas ont partagé le document suédois. Du côté des autres grandes puissances, l’Italie et l’Allemagne se sont positionnées en faveur d’une préférence européenne limitée, souligne BFM.

L’Allemagne et l’Italie veulent plus de simplification

Toutefois, les deux pays sont défavorables à un endettement commun. Face aux journalistes, un diplomate allemand a répondu à Emmanuel Macron en début de semaine jugeant qu’il «détournait l’attention» de ce qui est réellement en jeu et que l’Europe avait besoin de «réformes structurelles de grande envergure et, bien sûr, l’achèvement du marché unique». L’Allemagne et l’Italie plaident enfin pour un «allègement des charges pour nos entreprises». Un plan de simplification dont prend acte la France, même si le Haut-Commissaire au Plan, Clément Beaune, estime qu’il n’est pas suffisant face à la concurrence chinoise.