Les choses se compliquent pour Duralex. Placée en redressement judiciaire fin mai, pour la cinquième fois en 20 ans, la célèbre verrerie de La Chapelle-Saint-Mesmin a été placée sous protection du tribunal de commerce d'Orléans pour une période de six mois, et ce malgré les millions d’euros récoltés fin 2025 après le lancement d’une souscription auprès des Français. Mais comme l’a appris BFM, les lignes de production sont désormais à l’arrêt, et ce pour au moins une quinzaine de jours.

Ainsi, avant début juillet, plus aucun article de la verrerie ne sera produit sur le site. Dans une note adressée aux salariés, la direction se justifie par la période de redressement judiciaire, et indique vouloir garantir le chiffre d’affaires, baisser les charges et protéger la trésorerie. Economies d’énergie, de matières premières… les fours resteront donc éteints. Ou presque. «Pendant cet arrêt de la production, la température du four ne sera pas baissée : il tournera à vide, en circuit fermé, grâce à de la matière fondue et réinjectée», précise la direction de Duralex.

1,4 million d’euros de commandes en retard

En réalité, la production tournait déjà au ralenti depuis plusieurs semaines, a indiqué une source auprès de l’AFP. La verrerie a ajouté qu’elle ne disposait d’ailleurs pas d’emballages suffisants afin d’assurer toutes les productions entre la mi et la fin juin. Selon les informations de La Nouvelle République du Centre, la direction a également demandé à ses salariés de prendre une semaine de congés et espère que la pause forcée jusqu’à la fin du mois de juin permettra d’honorer les 1,4 million d’euros de commandes en retard.

Autant d’informations qui ont été précisées aux salariés et à la presse via communiqué comme c’est le cas depuis l’éviction du directeur général François Marciano et du directeur financier, son fils Antoine Marciano. Ces derniers ont d’ailleurs décidé de contester leur licenciement aux Prud’hommes début juin, alors que Duralex avait laissé entendre que François Marciano avait fait valoir ses droits à la retraite. Son avocat, Me Pierre Lalanne, a depuis parlé d’une explication «complètement bidon».

Le ministre de l’Industrie loin d’être rassurant

Qu’adviendra-t-il de Duralex ? Si six salariés sur dix ont investi dans la coopérative pour sauver l’entreprise, le chiffre d’affaires n’est toujours pas suffisant. Une source proche du dossier se demande même si «les banques vont suivre, ce qui est loin d'être assuré à l'heure actuelle». En outre, le 4 juin dernier, le ministre de l'Industrie a confié qu’il était «beaucoup trop tôt pour parler de pistes de repreneurs», tout en refusant de signer un «chèque en blanc» à Duralex : «Si vous n'avez pas de clients, vous ne sauvez pas une entreprise, si vous n'avez pas de business plan solide, vous ne sauvez pas une entreprise», a-t-il lancé, préconisant de «mieux professionnaliser la gestion de Duralex».