Eric Larchevêque jette un pavé dans la mare. Le cofondateur de Ledger et de The Bitcoin Society, connu pour son franc-parler, remet en question le rôle de Bpifrance. Sur le plateau de l’émission Tic Tech de Maddyness et Boursorama, ce mercredi 25 février, l’entrepreneur médiatique a vivement critiqué le rôle de la banque publique d’investissement dans l’écosystème français. Selon lui, les entreprises devraient apprendre à «se passer de Bpifrance», relançant le débat sur la place de l’Etat dans le financement de l’innovation. Dirigée par Nicolas Dufourcq, Bpifrance occupe aujourd’hui une place centrale dans le financement des start-ups françaises.

En 2025, la banque publique a injecté 750 millions d’euros en capital dans l’écosystème, soit environ 10% des montants totaux levés par la French Tech sur l’année, souligne Maddyness. En plus de ses investissements au capital, l’institution intervient également via des prêts, des subventions, des avances remboursables et des garanties. Sa mission est de pallier les insuffisances du marché et d’accompagner des projets considérés comme stratégiques ou délaissés par les financements privés.

«Revenir à un modèle où le marché décide»

Pour Eric Larchevêque, cette présence massive pose question. Selon lui, certains financements publics auraient contribué à maintenir artificiellement en vie des entreprises fragiles, voire condamnées. «Bpifrance a aidé des entreprises qui n’auraient jamais dû être aidées», affirme-t-il. Celui qui participe régulièrement à l’émission Qui veut être mon associé sur M6 plaide pour «moins d’Etat, moins de règles, moins de normes», estimant que le marché doit reprendre son rôle de régulateur naturel de l’investissement.

Il reconnaît qu’un retrait partiel de la banque publique pourrait entraîner, à court terme, une baisse des financements et des créations de startups. Mais à ses yeux, cette contraction correspondrait à une phase d’assainissement nécessaire. L’entrepreneur ne se dit toutefois «pas très optimiste pour la suite», estimant que la question de «l’intervention publique» dans l’économie mériterait un débat de fond.