
«Une variable d’ajustement du système» : voilà, selon Eric Larchevêque, le traitement que la France réserve désormais à ses entrepreneurs. Pour le juré de l’émission télévisée Qui veut être mon associé ?, les politiques monétaires sont en effet devenues hors de contrôle. Et tandis que l’inflation mine le pouvoir d’achat des Français, l’Etat, pour financer son train de vie, ne cesse de taxer la valeur créée par les chefs d’entreprise, tout en creusant la dette… Le tableau se veut sombre, mais celui qui avait vivement dénoncé le projet de taxe Zucman n’en a pas moins décidé, fin novembre, de lancer son nouveau projet entrepreneurial dans l'Hexagone.
Baptisée TBSO (The Bitcoin Society), l’initiative vise d’abord à permettre au grand public d’investir simplement dans le bitcoin. Cette société, cotée à la Bourse de Paris, a en effet pour objectif de placer ses réserves, alimentées via des levées de fonds successives, dans la principale cryptomonnaie mondiale. Rien d’étonnant à ce business : Eric Larchevêque s’est fait une spécialité des monnaies virtuelles, en créant La Maison du Bitcoin (devenue Coinhouse) ou en cofondant Ledger, un portefeuille sécurisé de cryptomonnaies, qui a depuis acquis le statut de licorne.
Créer un réseau d'influence avec TBSO
Il suffira donc aux épargnants de devenir actionnaires de la structure, au besoin au travers de leur PEA, pour s’exposer au bitcoin ! Rendant superflue l’ouverture de comptes dédiés sur des plateformes spécialisées, souvent basées à l’étranger. «Il faut lever les barrières à l’adoption de cette cryptomonnaie», martèle Eric Larchevêque. Si le patron n’a pas encore détaillé les objectifs de collecte de son coffre-fort à bitcoins, il entend tout particulièrement travailler sa manière de les accumuler. Selon lui, il est en effet envisageable d’augmenter continuellement le nombre de bitcoins stockés en regard de chaque action de TBSO détenue, afin d'«obtenir annuellement 10 à 12% d’exposition supplémentaire à la cryptomonnaie».
Mais ce n’est pas tout : celui qui présente son initiative comme une «solution entrepreneuriale radicale», veut aussi faire de TBSO une «network society». Comprendre, un réseau d’influence réunissant chefs d’entreprise, travailleurs indépendants ou salariés, tous soucieux de défendre la création de richesse. Une communauté qui, à l’échelle mondiale, constituerait déjà un «pays» classé dans le top 5 par sa population, selon Eric Larchevêque. Grâce à ce réseau, TBSO pourra ensuite porter le message de la liberté d’entreprendre. Ce lobbying d’un nouveau genre permettrait de peser sur le débat public et de lutter contre cette société où, selon celui qui se définit comme un libertarien partisan du «moins d’Etat pour mieux d’Etat», «on a oublié d’où venait la richesse» et où «la subvention est plus célébrée que la création».
L’idée serait, entre autres, d’agréger le patrimoine des membres du réseau, pour en montrer le poids financier, et de négocier des allègements fiscaux auprès de gouvernements soucieux de ne pas fâcher cette communauté. Un projet que l’entrepreneur décrit comme «ni politique, ni utopique». Et pour lequel il peut compter sur Tony Parker. L’ex-basketteur international, et ancien juré de «Qui veut être mon associé ?», est actionnaire de TBSO.
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