«Il» est le grand organisateur des assemblées générales (AG) de copropriété, dont la saison 2025 bat actuellement son plein. «Il», c’est le syndic, obligatoire dans toute copropriété. Chargé de gérer l’immeuble, il exécute les décisions votées par les copropriétaires en assemblée générale et applique le règlement de copropriété, qui précise les droits et obligations des habitants et les règles de fonctionnement de la résidence. Une profession qui «souffre d’une mauvaise image auprès du grand public», soulignait l’Institut Paris Région, dans une note publiée fin 2024. Notamment en raison d’une réactivité pas toujours à la hauteur des honoraires versés par les copropriétaires aux syndics.

Encore faudrait-il que les premiers sachent réellement combien les seconds leur coûtent. L’Unis, organisation rassemblant syndics de copropriété, agents immobiliers et administrateurs de bien, a posé la question à 1 100 copropriétaires. Publiés ce mois-ci, les résultats de ce sondage, conduit par l’institut Ipsos, sont édifiants. Pas moins de 40% des personnes interrogées avouent tout de go ignorer le montant des honoraires qu’elles versent chaque mois à leur syndic de copropriété. Un quart des sondés en a une idée «approximative». Les 35% restants, convaincus de connaître «précisément» le montant mensuel des honoraires de leur syndic, l’évaluent à 141 euros en moyenne. Et 20% d’entre eux citent même une fourchette de 200 à plus de 400 euros…

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Des honoraires de syndic bien inférieurs à la croyance populaire

Or «la réalité se situe entre 15 et 30 euros mensuels, toutes charges comprises», s’étrangle auprès de Capital Danielle Dubrac, présidente de l’Unis. Ces 35% de copropriétaires persuadés de savoir exactement combien leur syndic leur coûte ne confondraient-ils pas honoraires et charges de copropriété ? «Oui, pourtant la question était bien formulée, précisant que l’on ne parlait que des honoraires du syndic et non de l’ensemble des charges de copropriété», soupire Danielle Dubrac.

Plus largement, les copropriétaires n’ont pas une connaissance très précise du rôle du syndic. Une très courte majorité de répondants (52%) soutient «bien voir» ses missions mais un peu plus d’un tiers n’en ont qu’une vague idée et 14% ignorent tout bonnement quelles sont ses attributions. Ce qui n’empêche pas près des deux tiers des copropriétaires interrogés de se dire satisfaits de leur syndic… Un syndic dont ils attendent avant tout de la réactivité dans la gestion des urgences, comme les pannes d’ascenseurs ou les inondations de caves. Ainsi qu’une «attention particulière à contenir les charges de copropriété tout en assurant une gestion de qualité». Bref, le beurre et l’argent du beurre.

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Une communication des syndics à améliorer

«Nous avons un vrai enjeu de communication et une marge de progression quant à la visibilité de nos actions», conclut Danielle Dubrac. La présidente de l’Unis s’avoue particulièrement (et défavorablement) «impressionnée par le fait que 38% des résidents n’identifient aucune action mise en place au cours des deux dernières années par leur copropriété de leur résidence principale en faveur de la transition écologique!» Un comble en regard de «tout le mal que l’on se donne pour massifier la rénovation» énergétique des copropriétés, regrette-t-elle.