
Le compte à rebours s’accélère pour les copropriétés. Dès le 31 mars prochain, l’opérateur de télécommunications Orange mettra fin à ses réseaux mobiles 2G, au profit de la 4G et de la 5G. SFR et Bouygues lui emboîteront le pas d’ici à la fin 2026. Or, sur les quelque 650 000 ascenseurs que compte la France, environ 230 000, soit plus du tiers, sont équipés de téléalarmes fonctionnant avec la 2G, selon la Fédération des ascenseurs. Une proportion qui grimpe à 50% en incluant les téléalarmes fonctionnant avec la 3G, que les opérateurs de télécommunication couperont entre fin 2028 et fin 2029.
Ces échéances ont poussé le Salon de la copropriété à «sonner l’alarme sur la fin des réseaux 2G et 3G», lors d’un atelier organisé ce mercredi 5 novembre. «Cela fait plus d’un an que nous sensibilisons notre clientèle de copropriétés à la nécessité de remplacer les kits 2G des ascenseurs mais elles sont fortement en retard», s’inquiète Jean-David Ceder, directeur commercial des services de l’ascensoriste Schindler.
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Des processus de décision très long en copropriété
Or si ces kits ne sont pas remplacés au moment où la 2G s’éteindra, les ascenseurs seront mis à l’arrêt. Pour la simple raison que tout ascenseur doit obligatoirement être équipé d’une téléalarme en état de fonctionnement. La téléalarme, c’est le bouton jaune avec une cloche que vous pouvez actionner pour être mis en relation avec un service d’intervention si la cabine se bloque. Les immeubles de bureaux sont également concernés mais dans une moindre mesure car 60% du parc français d’ascenseurs se trouve dans des locaux d’habitation, qu’il s’agisse de logements sociaux ou de logements privés.
C’est cette dernière catégorie qui préoccupe la Fédération des ascenseurs car les bailleurs sociaux, eux, habitués à gérer des interventions lourdes, «savent faire», soulignait son patron, Alain Meslier, sur RMC, en août dernier. Dans les copropriétés, en revanche, «les processus de décision sont toujours très longs», insistait-il, exhortant les copropriétaires à «se décider rapidement» à faire migrer les téléalarmes des ascenseurs vers la 4G ou la 5G.
Un coût de quelques centaines d’euros pour migrer vers la 4G ou la 5G
Une telle migration nécessite en effet une demi-journée d’intervention pour un ascenseur. Un délai à multiplier par les 250 000 cabines dont les téléalarmes fonctionnent encore en 2G ! «Il ne faudrait pas que les ascensoristes se trouvent à un moment donné saturés de demandes de mise à niveau des téléalarmes, qu’ils ne pourraient pas satisfaire», avec, à la clé, le risque d’ascenseurs arrêtés le temps d’être équipés de la 4G ou de la 5G, renchérit Jean-David Ceder.
Une telle situation serait d’autant plus regrettable que le coût de la migration des téléalarmes n’excède pas «quelques centaines d’euros», indiquait Alain Meslier en août. De fait, la solution proposée par Schindler coûte «700 à 800 euros à l’achat par ascenseur, une somme à laquelle il faut ajouter 10 à 12 euros par mois pour le contrat de services», illustre Jean-David Ceder. Une dépense relativement indolore une fois répartie entre tous les copropriétaires et étalée en plusieurs appels de fonds.



















