
Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux… Dans de nombreuses villes, les municipalités prennent des mesures pour réguler les locations des résidences principales en meublés de tourisme. Dernièrement, comme l’avait appris Capital, ce sont certains propriétaires de la cité girondine qui en font les frais puisque le conseil municipal a adopté une délibération, abaissant de 120 à 90 jours la durée annuelle maximale de ces locations. Cela équivaut donc à trente jours de moins par an. Mais dans d’autres villes, la réglementation est plus floue ou bien moins sévère, et c’est ce qui débouche sur un phénomène qui n’avait encore jamais été rencontré.
En effet, comme le rapporte Le Parisien, dans les Vosges, les touristes privilégient désormais Airbnb aux hôtels. Il s’agit du premier département français où les locations sur Airbnb et d’autres plateformes sont plus nombreuses que dans l’hôtellerie. Rien que sur l’année 2024, l’hôtellerie a enregistré 2 022 nuitées traditionnelles contre 2 063 sur les différentes plateformes de location, selon les chiffres dévoilés par CORRECTIV.Europe.
Une concurrence déloyale ?
Interrogée par nos confrères, la patronne de deux hôtels d’Epinal, et également présidente du club hôtelier de la ville, confirme le phénomène : «Les locations Airbnb pullulent ! C’est astronomique ! On voit clairement nos taux d’occupation baisser.» Si elle comprend que ces locations existent, elle réclame une «régulation». Elle prend l’exemple de cette période estivale où elle n’enregistre actuellement qu’un tiers de réservations. Pour elle, le problème vient du fait que sur des sites comme Booking, leurs locations sont «mélangées avec tous les autres types d’hébergement».
Un mélange qui rebat le marché et qui n’est pas juste selon l’hôtelière, car les plateformes de locations «ne sont pas soumises aux mêmes normes». Ce constat, le président de la branche vosgienne de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) préfère le tempérer. Selon lui, «c’est plutôt une bonne chose» car «cela prouve d’abord qu’il y a une volonté de découvrir notre département» et donc qu’il y a «une vraie demande». De leur côté, les propriétaires de biens mettent en avant leur flexibilité et leurs avantages comme «l’indépendance vis-à-vis des hôtels».
+ 50% de locations Airbnb en cinq ans
Le président de la branche vosgienne de l’Umih évoque la ville de Gérardmer, très prisée dans le département, où les chalets de luxe se louent facilement avec la nouvelle «tendance des chefs à domicile qui se développe». Idem dans les villes thermales que sont Vittel et Contrexéville où les curistes recherchent de quoi se loger le temps de leur cure. Le directeur de la société publique locale Destination Vittel souligne qu’un curiste «loge rarement à l’hôtel sur une aussi longue durée». Rien qu’en cinq ans, le nombre de nuitées a doublé sur les plateformes de location, une augmentation bien plus rapide que dans l’hôtellerie.
>> Les prix de l'immobilier et loyers dans 100 villes de France (Indicateur Capital/Fnaim/Clameur)


















