
C'est une sombre histoire dont France 3 se fait l'écho le 28 avril, confirmant ainsi une information du Progrès. En 2023, Harriet, propriétaire d’une somptueuse villa à Poleymieux-au-Mont-d’Or, près de Lyon, découvre que son bien immobilier est proposé à la sous-location sur Airbnb. Et l'annonce ne se limite pas à de simples séjours : les annonces mentionnent des groupes de 15 personnes pour des tarifs atteignant jusqu’à 2 000 euros la journée.
À l’origine de cette situation, son locataire, ancien responsable juridique — une figure déjà condamnée pour escroquerie — qui occupe la villa avec sa femme depuis juillet 2022. Le bail interdisait formellement la sous-location sans autorisation, mais cela n’a pas empêché les locataires de publier l’annonce sur Airbnb et de continuer leurs activités lucratives… tout en cessant de payer leur loyer.
Une procédure judiciaire restée sans effet
Alertée, Harriet engage rapidement un huissier pour constater les faits. En octobre 2024, le tribunal tranche en sa faveur : les locataires ont deux mois pour quitter les lieux. Pourtant, six mois plus tard, Harriet ne peut toujours pas récupérer sa propriété.
«J’explose ! Ils n’ont pas quitté les lieux ! Et ils ne les entretiennent pas», déplore-t-elle auprès du Progrès. De son côté, Airbnb a fini par retirer l’annonce, mais uniquement après l’intervention du locataire lui-même. Le locataire affirme aujourd’hui qu’il quittera bientôt la villa, tout en invoquant des problèmes de surendettement. Quant à son épouse, elle justifie leur maintien par des difficultés à retrouver un logement.
Expulser un locataire : un processus long et complexe
L’affaire illustre la lenteur et la complexité des procédures d’expulsion en France. Contacté par France 3, Maître Jean-Baptiste Polinato rappelle que «le bailleur doit assigner son locataire pour obtenir la résiliation du bail». Ensuite, un commissaire de justice intervient pour signifier l’expulsion et solliciter, si besoin, l’appui des forces de l’ordre et du préfet. Cependant, plusieurs obstacles ralentissent les démarches, notamment la trêve hivernale, qui interdit toute expulsion du 1ᵉʳ novembre au 31 mars. Résultat : une procédure d’expulsion peut prendre un an et demi, voire plus.
Pour Harriet, cette situation tourne au cauchemar. Non seulement son bien est occupé sans droit, mais il est aussi dégradé, ce qui risque d’entraîner d’importantes réparations à sa charge.
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