Malgré près de trois ans d’une crise immobilière provoquée par la flambée des taux de crédit, «les prix n’ont pas tant baissé que ça», observe Charles Marinakis, président du réseau d'agences Century 21 France, lors d'un point de conjoncture ce lundi 30 juin. Les prix des logements anciens ont en effet diminué de seulement 4% sur l’ensemble du territoire, depuis le premier semestre 2022, au sein du réseau Century 21. Un repli qui s'avère d'ores et déjà terminé, la baisse des taux de crédit depuis un an et demi ayant redonné un peu de pouvoir d'achat aux acquéreurs. En témoigne la stabilisation des prix des maisons comme des appartements au premier semestre 2025, en hausse de seulement 0,2% et 0,6% sur un an, à respectivement 2 496 et 4 153 euros le mètre carré. Et Charles Marinakis table sur une remontée des prix de 2% à 3%, pour l'ensemble de cette année. Son confrère Jordan Frarier, à la tête de Foncia Transaction, anticipe une hausse de 1% en 2025, similaire à la tendance observée dans son réseau sur la première moitié de l'année.

Mais ces moyennes nationales masquent d’importantes disparités locales. Quatre régions accusent depuis 2022 des chutes de prix près de deux fois supérieures à la moyenne de 4%. A commencer par le Centre-Val-de-Loire, où les prix décrochent de 9,4% depuis trois ans. Sans doute parce qu’ils avaient considérablement monté dans le sillage des confinements imposés par la crise sanitaire, qui avaient donné à un certain nombre de Franciliens des envies de maisons avec jardins. «Chartres était devenu le XXIe arrondissement de Paris», sourit un autre patron d’un grand réseau d’agences immobilières. Contrairement à la stagnation observée à l’échelon national, cette tendance baissière se poursuit dans la région, avec un repli de 1,2% au premier semestre 2025, à 1 775 euros le mètre carré. «1 775 euros le mètre carré…, répète Charles Marinakis. Ce n’est vraiment pas très élevé, et encore moins en regard de Paris !»

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Baisse des prix significative à Paris

Paris où le prix moyen du mètre carré a pourtant dégringolé de 9,4% en l’espace de trois ans, à 9 503 euros le mètre carré. Depuis le pic historique à près de 11 000 euros le mètre carré au premier semestre 2020, au tout début de l’épidémie de Covid-19, le plongeon atteint même 12%. «C’est beaucoup, c’est la plus forte baisse de toutes les villes françaises, je ne me souviens pas d’avoir déjà observé un tel décrochage à Paris», insiste Charles Marinakis. Certes, les prix dans la capitale sont déjà repartis à la hausse au premier semestre (+1,5%) mais le patron de Century 21 France exhorte les candidats à l’accession à la propriété à se focaliser sur leur «baisse significative» depuis trois ans. Une baisse qui vaut pour l’ensemble de l’Ile-de-France, où les prix ont chuté de 7,5% depuis le premier semestre 2022, malgré leur remontée de 1,2% depuis le 1er janvier 2025.

«Je ne pense pas qu’il existe des régions présentant encore un important potentiel de baisse des prix», estime Charles Marinakis. Peut-être les Pays-de-la-Loire, qui, à l’image du Centre-Val-de-Loire, ont encore vu leurs prix fléchir - très légèrement, de 0,3% - au premier semestre 2025, accusant ainsi un plongeon de 7,2% depuis trois ans. Mais, en Auvergne-Rhône-Alpes, les prix sont déjà repartis à la hausse (+0,7%) sur les six premiers mois de l’année, après s’être effondrés de plus de 8% depuis 2022.

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Une remontée des prix de 2% à 3% en 2025

A l’échelle nationale, le président de Century 21 France table sur une remontée des prix de 2% à 3% sur l’ensemble de 2025, à la faveur de la reprise des transactions, dont le nombre devrait s’élever à 850 000 cette année, contre 778 000 en 2024. Le dirigeant doute que les prix augmentent beaucoup plus en 2025 car «les Français ont compris que, la clé d’une vente, c’est le prix. L’époque où 10 acquéreurs se battaient pour un bien est révolue. Aujourd’hui, si vous n’êtes pas au prix du marché, vous ne vendez pas !» Et Charles Marinakis d’avertir les vendeurs parisiens : «si les prix augmentent de plus de 3% cette année à Paris, vous perdrez la clientèle des primo-accédants, enfin de retour au premier semestre».