L'endettement de la France ? C'est à cause de la suppression de la taxe d'habitation. C'est, en substance, ce que pense le président LR du Sénat. Le 30 avril sur RMC-BFMTV face à la journaliste Apolline de Malherbe, Gérard Larcher a parlé de «faute originelle», commise en 2023. Cette année-là, après 6 ans de baisse progressive, la taxe d'habitation sur la résidence principale a été complètement supprimée. En termes d'impôts locaux immobiliers, subsistent désormais la taxe foncière payée par les propriétaires et la taxe d'habitation sur les résidences secondaires.

Pour Gérard Larcher, il n'est «pas juste» que les locataires ne paient pas d'impôts locaux et que la fiscalité locale «ne repose que sur les propriétaires». Une remise à plat du système de financement des collectivités territoriales est urgente, à ses yeux. «Une grande partie de nos concitoyens, ceux qui ne sont pas propriétaires, ne participent plus au financement des services dont ils bénéficient» a insisté Gérard Larcher. Pour autant, ce dernier s'est bien gardé d'appeler à rétablir la taxe d'habitation.

22 milliards d'euros de manque à gagner, estime le président du Sénat

Pour justifier ses propos, Gérard Larcher prend en exemple la situation dans son département, les Yvelines : «Il y a des communes où il y a plus de 60% de locataires, voire 70%». Soit un gros manque à gagner pour les caisses du pays. Depuis 2017, année où elle a commencé à baisser jusqu'à sa suppression effective en 2023, la taxe d'habitation aurait pu rapporter beaucoup d'argent à l'Etat, avance le président du Sénat. La disparition de cette taxe a coûté «22 milliards au budget» affirme-t-il. Faute de la rétablir, «il faut qu'on soit extrêmement attentifs à ne pas susciter à nouveau une demande d'effort fiscal». Le rattrapage financier doit donc passer par «une réflexion globale».

>> Notre guide complet de l’acheteur. Comment financer votre projet immobilier ? Faire son choix entre le neuf et l’ancien ? Une maison ou un appartement ?