
Ce sont des chiffres inquiétants à bien des égards, d’autant qu’ils ne sont pas liés aux difficultés du marché immobilier à cause de la guerre au Moyen-Orient. Selon les données du spécialiste de la vente et de la location SeLoger relayées par BFM, la tension locative est très haute actuellement, en particulier dans la capitale. Ainsi, en un an, le nombre de biens mis en location sur les plateformes du groupe (SeLoger, Logic-Immo et Meilleurs Agents) a bien progressé de 17%, mais ce chiffre reste inférieur de 16% à celui de 2021, juste après la pandémie de Covid-19.
Plus globalement, au niveau national, la demande en location a reculé (-16%). Le problème, c’est qu’en cinq ans, elle est bien plus importante : +42%, d’où une tension locative qui s’accroît. «Malgré une dynamique plus favorable depuis 2025, l’offre reste trop faible pour répondre à une demande encore élevée», décrypte SeLoger, qui évoque les hausses de loyers dans le même temps. Un état des lieux qui se traduit par des chiffres encore plus inquiétants dans les grandes villes, en particulier Paris. Rien qu’en un an, il y a 15% de biens en moins à louer dans la capitale et ce chiffre bondit à 67% par rapport à 2021.
Tension à Nice, Marseille et Toulouse
Malgré une éclaircie entre septembre 2024 et juin 2025, note le groupe, «depuis, l'évolution annuelle ne cesse de reculer». Cette tension se traduit par les chiffres dévoilés par la nouvelle mandature parisienne il y a quelques jours, qui évoquait 28% de logements vacants dans le parc privé, poussant Emmanuel Grégoire à vouloir doubler la taxe sur les logements vacants et renforcer celle sur les résidences secondaires. En parallèle, la Ville se bat toujours contre les meublés touristiques et compte toujours sur l’encadrement des loyers mis en place il y a sept ans.
Cette tension est-elle similaire dans les autres grandes villes ? Oui, à Nice, Marseille et Toulouse. Dans la ville des Alpes-Maritimes, le constat est même pire qu’à Paris avec 69% de logements disponibles en moins en cinq ans. Dans le même temps, la demande a explosé de 84%. Idem à Toulouse avec un stock en recul de 58%, mais une demande qui flambe : +103% en cinq ans. «La contraction du stock, combinée à une demande structurellement élevée, maintient la pression sur les loyers», analyse SeLoger.
Des loyers globalement en hausse
En revanche, dans certaines autres métropoles, comme Bordeaux, l’offre augmente (+62%). C’est également le cas à Nantes, ce qui fait immanquablement baisser les loyers. Mais sur ce point, si l’on regarde au niveau national, les chiffres augmentent : +2,5% au 1er avril, jusqu’à même 3,5% à Paris. Dans la capitale, en moyenne, pour un T2 de 50 m², il faut débourser 1 662 euros par mois, détaille le site de location et de vente. Dans un contexte où l’accès au logement reste délicat, ceux qui n’achètent pas… ne libèrent pas de logements. Avec la remontée des taux, des prix et la guerre au Moyen-Orient, les signaux pourraient être alarmants.
>> Les prix de l'immobilier et loyers dans 100 villes de France (Indicateur Capital/Fnaim/Clameur)



















