«C’est aberrant». Dans un quartier, en Suisse, un bailleur a bien profité de la hausse des loyers et de la raréfaction des logements abordables. En juillet 2022, une habitante de 37 ans, d'origine mexicaine et son compagnon, ainsi que sept autres locataires, ont reçu un avis d'expulsion pour des rénovations et la construction d'un étage supplémentaire dans l'immeuble, selon l’avis consulté par 20 Minutes. Pourtant, «L'appartement était ancien, mais parfaitement fonctionnel et habitable», explique cette femme de 37 ans du quartier de Seebach, à Zurich.

Les personnes concernées disposaient de sept mois pour trouver un nouvel appartement et étaient également prioritaires pour relouer l’appartement après les travaux. Pourtant, quelques années plus tard, les anciens locataires n'ont toujours pas reçu de proposition de nouveau bail et aucun changement majeur n'est visible dans les appartements. De plus, l'habitante — qui a eu la chance de trouver un nouvel appartement dans le même quartier en août — a constaté «de nouveaux meubles être installés dans l'appartement.»

Le logement se loue désormais à 8 500 euros par mois

Pire encore, le logement est disponible à la location de courte durée à un montant exorbitant : il faut débourser plus de 8 000 francs suisses (8 500 euros), contre 1 490 francs avant l’expulsion (1 600 euros), soit une augmentation de plus de 400%. «Ils profitent tout simplement de nous, et on a l’impression que la loi ne nous protège absolument pas», affirme l’habitante qui se sent «arnaquée». Environ 1 665 francs sont même demandés pour cinq nuits, soit plus que ce que les précédents locataires payaient pour un mois entier.

L'enquête menée par 20 Minutes révèle que depuis l'expulsion de la femme et des précédents locataires, le logement a changé de propriétaire et sa gestion a connu plusieurs modifications. Les propriétaires actuels sont un couple résidant à New York. Depuis mars 2026, Dinvest AG est responsable de la gestion de l'immeuble. «L'objectif du projet est la rénovation durable de l'immeuble et la création d'espaces de vie supplémentaires», explique la société.

>> Les prix de l'immobilier et loyers dans 100 villes de France (Indicateur Capital/Fnaim/Clameur)