
Après l’encadrement des loyers et la fiscalité sur les meublés touristiques, la mairie de Paris s’attaque aux logements vacants. Il faut dire que la mesure était une promesse de campagne non voilée du candidat Emmanuel Grégoire. Désormais à la tête de la plus grande ville de France, l’élu socialiste veut donc réduire la tension locative dans la capitale en doublant la taxe sur les logements vacants dès 2027, a appris BFM. Cette «taxe sur les locaux d'habitation» passera de 17% à 30% de la valeur locative cadastrale la première année de vacance d'un bien.
Pour la seconde année, elle passera même de 34% à 60%. Comprise entre 1 500 et 2 000 euros, elle pourrait donc atteindre jusqu’à 4 000 euros dès 2027, laisse entendre l'adjoint au Logement, Jacques Baudrier, qui s’est félicité de l’adoption de la mesure dans la loi de finances 2026 : «On a le droit de multiplier le taux de la taxe par deux, donc on annonce dès maintenant que nous allons le faire», a-t-il lancé en marge du Conseil de Paris. L’élu communiste ajoute : «On envoie un signal à tous les propriétaires de logements vides : louez votre logement, ou vendez-le !»
10 arrondissements à plus de 10% de logements vacants
Pour Emmanuel Grégoire, le sujet est primordial. Lors du Conseil de Paris, il a assuré que ce n’était pas «la qualité de vie qui fait partir les familles, (mais) le prix du m²». Et d’ajouter : «A vrai dire, les familles ne partent pas, elles sont chassées par la spéculation immobilière.» D’autant que la situation est disparate selon les arrondissements parisiens. Le Xe est le plus touché avec 16% de logements vacants et 10% de résidences secondaires, selon l’Insee. Surtout, dix arrondissements comptent plus de 10% de logements vacants.
Selon Emmanuel Grégoire, plus de 36 000 logements sont vacants à Paris «depuis plus de deux ans», soit 14% du parc privé de la capitale. La mairie compte toucher 150 000 logements vacants au total. Pire : onze arrondissements dénombrent plus de 10% de résidences secondaires, dont six frôlant ou dépassant les 20% : le IVe, le IIe, le VIe, le Ier, le VIIe et le VIIIe. Sur ce point aussi, la municipalité compte agir, avec «une pleine maîtrise sur la taxe sur les résidences secondaires».
Une nouvelle «brigade de protection du logement»
Alors que le nombre de logements inoccupés progresse chaque année de 7 000 unités, Emmanuel Grégoire estime que «les logements inoccupés (résidences secondaires et logements vacants) représentent 28% du parc privé». L’élu y voit de la spéculation immobilière : «A Paris, 40% des logements privés sont détenus par des personnes qui possèdent au moins cinq biens immobiliers.» Par ailleurs, la majorité a annoncé la création d’une «brigade de protection du logement».
Composée de 150 personnes, elle devra intervenir «dans la lutte contre les meublés de tourisme illégaux, l'habitat insalubre et les marchands de sommeil, la prévention des expulsions ainsi que pour le respect de l'encadrement des loyers», indiquent nos confrères. L’opposition s’est inscrite en faux contre ces mesures, l’élu Aurélien Véron (Changer Paris) dénonçant de nouvelles surtaxes et une pression sur les propriétaires, alors que dans le même temps des immeubles du parc social «sont laissés à l’abandon».




















