La taxe foncière flambe. En dix ans, entre 2014 et 2024, elle a augmenté de 37% en moyenne, selon l’UNPI. Une bonne raison de lire (enfin) attentivement votre avis, même s’il n’est pas toujours simple à déchiffrer.

Exonérations liées à l’âge ou aux travaux, valeur locative surestimée... Un oubli peut vous faire passer à côté d’une réduction de plusieurs centaines d’euros. Autant éviter de payer pour rien.

Les exonérations à ne pas oublier

Commencez par vérifier votre éligibilité à un allègement total ou partiel. Les situations ne sont pas si nombreuses, mais les économies peuvent être substantielles.

Les plus de 75 ans aux revenus modestes (revenu fiscal de référence inférieur à 12 704 euros pour une part en 2025) bénéficient d'une exonération totale pour leur résidence principale, comme les titulaires de l'ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées), ou de l'AAH (allocation aux adultes handicapés) sous conditions de ressources.

Côté biens immobiliers, les logements neufs peuvent être exonérés de taxe foncière pendant deux ans totalement, ou partiellement selon le vote de la commune. Les travaux d’économies d’énergie dans un logement de plus de dix ans ouvrent aussi droit à une exonération temporaire décidée localement. La demande, accompagnée des justificatifs, doit être envoyée avant le 1er janvier de la première année d’exonération, pour trois ans maximum. D’autres allègements existent, en cas de vacance involontaire d’un logement destiné à la location ou de proximité avec une installation à risques de type Seveso.

La valeur locative, terrain d'erreurs

On y pense rarement, mais la valeur locative cadastrale mérite votre attention. Elle a récemment fait l'actualité lorsque Bercy a décidé, en novembre 2025, de réévaluer automatiquement la valeur locative de 7,4 millions de logements en corrigeant les «éléments de confort» non déclarés (eau, chauffage, sanitaires...). Face au tollé, l'opération a été suspendue jusqu'au printemps 2026.

Mais si l’ajout d’une salle de bain fait grimper la valeur locative, l’inverse est tout aussi vrai. Surface inexacte, dépendances comptées deux fois, ou encore logement déclaré «en bon état» malgré une vétusté évidente : autant de motifs légitimes pour contester et obtenir une révision à la baisse.

Pour y voir clair, demandez au centre des impôts fonciers la fiche d'évaluation cadastrale de votre bien. Elle détaille les critères retenus pour le calcul. Attention, l’envoi peut prendre plusieurs semaines.

En cas d’anomalie - exonération oubliée ou valeur locative surestimée - adressez une réclamation via la messagerie sécurisée de votre espace personnel sur impots.gouv.fr.

Ne ratez pas la date limite

Respecter le délai est crucial. La réclamation doit parvenir avant le 31 décembre de l’année suivant l’imposition. Autrement dit, vous pouvez encore contester la taxe foncière 2024 jusqu’au 31 décembre 2025. Pour la taxe 2025, la date butoir sera le 31 décembre 2026. Passé ce cap, même une erreur flagrante pourra être refusée.

Une fois la réclamation déposée, l’administration fiscale dispose de plusieurs mois pour examiner votre demande. La procédure peut être longue, mais s’avérer rentable. Rectifier une erreur peut représenter plusieurs centaines d'euros d’économies.