Dix ans après la Cop de Paris et l’engagement pris par de nombreux pays de limiter le réchauffement climatique, l’année 2025 restera comme celle du retour de la thématique de la transition énergétique. Les besoins croissants d’installations électriques ont réveillé tout le segment des valeurs liées aux pelles et pioches du secteur, de quoi revivifier les fonds climat. Plus fortement encore que le sursaut des énergies renouvelables en pleine guerre ukrainienne lorsqu’il s’agissait de s’affranchir du gaz russe.

Les fonds climat reviennent de loin. Après une année 2020 record, le soufflé est brutalement retombé sous les coups de la hausse des taux et de la volte-face américaine à l’égard des politiques pro-climatiques. Les performances des fonds ont plongé. Les retraits se sont multipliés.

2025, l'année du rebond

Mais le courant revient : l’indice des nouvelles énergies Msci New Energy a bondi de 30% en 2025, mieux que les marchés (CAC 40 -NTR : + 13,3%, Eurostoxx 50 -NTR: + 24,3% sur la même année). «Les prix de l’électricité ont été multipliés par deux aux Etats-Unis depuis le lancement de Chat GPT. L’IA doit régler les problèmes de goulet d’étranglement de la filière et investir dans les infrastructures des réseaux électriques, le stockage d’énergie, et les énergies renouvelables qui sont à nouveaux des actifs recherchés aux Etats-Unis» souligne Laurent Trulès, gérant du fonds Dorval European Climate Initiative. Alphabet (Google) ne vient-il pas en cette fin décembre de racheter le développeur de projets d’énergies propres Intersect Power pour 4,75 milliards de dollars (4 milliards d’euros).

Capital a sélectionné cinq fonds, tous labellisés Greenfin, un label exigeant lancé à l’occasion de la Cop de Paris de 2015. Ce label vous garantit un haut niveau environnemental, social et gouvernemental. Certains se concentrent sur la zone euro d’autres investissent le monde entier.

Leurs gérants sont des adeptes du «stock-picking», c’est-à-dire qu’ils choisissent les valeurs pour leurs qualités intrinsèques. Les exigences du label les obligent à composer un portefeuille décorrélé des grands indices, notamment en évitant les énergies fossiles et en limitant le poids des valeurs qui n’ont rien à voir avec les éco-activités.

Fonds climat : des gagnants et des perdants

Vous trouvez dans ces fonds des spécialistes de l’électrification (Schneider, Legrand) du stockage de l’énergie, (Stif, l’américain Tesla, le chinois CATL..), des groupes engagés dans la décarbonation et la valorisation des déchets, (Séché Véolia…) ; des groupes de matériaux ou de construction (Eiffage, le finlandais Konekranes) ; du transport propre (Alstom) ; des foncières qui investissent dans les bâtiments économes (Unibail, Klepierre) ; des services pour optimiser les ressources (Cap Gemini, Sopra Steria) dont des valeurs technologiques (ASML, Infineon, Koontron, Halma, ou encore le géant de l’IA Nvidia. «Nvidia est relativement bien notée selon les critères extra-financiers car ses puces démontrent de génération en génération une amélioration significative en consommation énergétique par token IA généré» affirme Louis O’Connor.

Les fonds climat qui ont le plus souffert durant ces dernières années sont ceux qui privilégient trop fortement valeurs de croissance ou des sociétés endettées particulièrement sensibles à la hausse des taux. Les gagnants de 2025 sont ceux qui ont su négocier les brutaux revirements des marchés, pris la vague de l’IA au bon moment et fait preuve de sélectivité au prix d’arbitrages difficiles. «Le fonds Dorval European Climate Initiative n’a jamais été aussi actif et réactif qu’en 2025 de manière à adapter le fonds au contexte économique et boursier» témoigne Laurent Trulès.

A présent, les gérants rétablissent l’équilibre entre ces valeurs de croissance et celles plus défensives. Quitte à utiliser leur latitude d’investissement en dehors des éco-activités. Les gérants écolo ont aussi des objectifs financiers.