
Et si c’était lui le «bon plan» pour miser sur les ETF ? A première vue, le plan d’épargne en actions (PEA) apparaît plutôt comme un produit contraignant. D’abord, comme son nom l’indique, vous serez limité à des ETF investis en actions. Exit, donc, les fonds obligataires ou les trackers en matières premières ou en cryptos (lire l’encadré page 92). Ensuite, le PEA a été taillé pour favoriser les investissements dans des entreprises de l’Union européenne, ce qui exclut en principe tous les ETF exposés à d’autres géographies.
Un carcan qui est allègrement (et légalement) contourné par des concepteurs d’ETF, parvenus (grâce à des instruments financiers complexes) à rendre éligibles au PEA des indices boursiers du monde entier. Le gestionnaire d’actifs BlackRock a ainsi lancé récemment un ETF éligible au PEA et qui permet d’être exposé au S & P 500, l’indice regroupant les 500 plus grandes entreprises américaines. «Nous avons une vingtaine d’ETF éligibles au PEA, dont trois qui s’appuient sur des swaps (contrats qui permettent d’échanger la performance d’un indice européen contre celle d’un indice étranger, NDLR) pour aller au-delà de la zone euro, vers le S & P 500, le MSCI World (indices des plus grandes entreprises mondiales, NDLR) ou les matières premières (via un indice qui en contient 20, NDLR)», détaille Arnaud Gihan, responsable de la distribution France, Belgique et Luxembourg chez BlackRock. Si ce type d’ETF se développe, ils restent minoritaires : «Ils représentent entre 5 et 10% de l’offre éligible», confie Antoine Andreani, directeur de la recherche chez XTB France.
Il est possible d'investir sur le S&P 500, le Nasdaq ou encore un indice MSCI world avec son PEA
«Aujourd’hui, grâce aux ETF, on peut donc avoir un portefeuille parfaitement diversifié géographiquement au sein d’un PEA», affirme Vincent Grard, directeur France de Trade Republic. Chez lui, les ETF les plus souscrits au sein du PEA sont, outre les indices européens (CAC 40, Euro Stoxx 600), ceux investis aux Etats-Unis (S&P 500 ou Nasdaq), les pays émergents (MSCI Emerging Markets) ou le monde entier (MSCI World).
En prime, comme sur un compte-titres le niveau des frais peut être ramené à la portion congrue : pas de frais de gestion en gestion libre, des frais d’ouverture plafonnés à 10 euros, des frais de tenue de compte à 0,4% par an sur la valeur du plan et des frais de transaction à 0,5% du montant de l’opération. Reste les frais des ETF : 0,37% par an en moyenne selon l’Autorité des marchés financiers.
Sans parler du dernier atout de taille du PEA : après cinq ans de détention, vos plus-values sont exonérées d’impôt sur le revenu, vous ne paierez que les prélèvements sociaux (17,2%). Un retrait avant cinq ans, en revanche, entraîne la fermeture du plan, et une imposition des gains à 30% (PFU ou flat tax). Attention, il vous faudra accepter de risquer une perte partielle ou totale de votre capital, le PEA ne comportant aucun fonds garanti. Reste une dernière contrainte : un plafond de versement limité à 150 000 euros, même si vos gains peuvent vous amener au-delà.
➕ : Exonération d’impôts sur les gains au bout de 5 ans ; pas de frais de gestion
➖ : Sauf exceptions, gamme d’ETF restreinte aux actions européennes
⚠️ : Risque de perte totale ou partielle sur 100% du capital
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