Hausse des droits de douane, guerre commerciale, fluctuations des marchés… Rarement l'actualité n'a été aussi dominée par des sujets économiques et financiers. Un constat d'autant plus prégnant qu'il se veut accablant en France où les connaissances en la matière souffrent, depuis longtemps, d'un déficit. Une lacune qui explique notamment chez les Français une forte aversion au risque et une méfiance à l'égard de la Bourse, traditionnellement associée à la spéculation. Ainsi, selon le baromètre AMF 2024*, 43% des Français refusent tout risque pour leur épargne. Et pour cause, selon le même sondage, ils sont sept sur dix à s'accorder sur le fait que les placements en actions sont réservés à des personnes qui s'y connaissent suffisamment. De sorte qu'un tiers seulement envisage d'investir dans les 12 mois qui viennent sur les sociétés cotées pour faire fructifier leurs avoirs. Parallèlement, un autre sondage de janvier 2025** met en évidence «un manque d'informations et de formation pour effectuer des placements financiers et immobiliers pertinents» ressenti par 73% des personnes interrogées. Dans ces conditions, rien d'étonnant à les voir privilégier des solutions d'épargne perçues comme «sûres» mais moins performantes (livrets d'épargne ou placement 100% fonds euros…).

Des enjeux individuels et collectifs

Mais il convient de rappeler que l’investissement n’est pas seulement un outil de création de richesse individuelle. Il revêt également une dimension collective s'imposant comme une solution indispensable pour relever les défis majeurs auxquels la société française est confrontée. Le récent appel d'Emmanuel Macron à une mobilisation de l'épargne pour participer à l'effort de défense illustre parfaitement le propos. Au-delà, l'investissement s'avère être un levier essentiel au financement de notre modèle économique. A commencer par celui du système de retraite par répartition aujourd'hui déséquilibré par la conjonction du vieillissement de la population et du déclin démographique. Celui de la transition écologique, ensuite, commande aussi d'importants capitaux pour parvenir à l'objectif d'une neutralité carbone d'ici 2050. Dans ce prolongement, les PME, véritables moteurs d'innovation, devraient aussi être en mesure de lever plus facilement et davantage de fonds pour financer leur développement. D'autant plus que, représentant 60% des emplois privés dans l'Hexagone, elles sont une maille essentielle du tissu économique et social hexagonal. En outre, cela permettrait de renforcer notre souveraineté actionnariale alors que 34% seulement du capital des sociétés du SBF 120 sont aujourd'hui détenus par des investisseurs français.

Promouvoir une approche didactique

Dépassant donc le simple objectif individuel d'optimisation du capital, l'investissement participe au financement de l'économie réelle et répond aux grands enjeux économiques et sociaux de notre pays. Conscients de ces défis, les pouvoirs publics ne manquent pas d'initiatives en matière d'incitation et de dispositifs fiscaux pour tenter de flécher l'épargne des Français vers des investissements dédiés à ces thématiques. Du reste, au-delà des chemins déjà balisés, il existe une très large gamme de solutions confirmant que l'investissement n'est pas un pré carré réservé aux seuls initiés. La gestion pilotée ou encore les fonds structurés sont, parmi d'autres, des pistes pertinentes pour encadrer le risque. Pour les ouvrir à un plus large public, il est nécessaire de promouvoir une approche plus claire et plus didactique. Une responsabilité qui revient aux professionnels de la finance afin d'en finir, par la même occasion, avec les idées reçues sur le sujet. Quitte à répéter encore et encore que, par-delà les turbulences épisodiques comme celles qui secouent les places financières aujourd'hui, les marchés s'avèrent être haussiers sur le long terme, inexorablement portés par la croissance et l'innovation de notre époque.

Les protagonistes du secteur ont donc un rôle clé à jouer dans l'essor et la diffusion de la culture financière en France. Fournir des informations transparentes, fiables et de qualité participe de cette responsabilité. Surtout à l'heure où les influenceurs - pour ne pas dire, parfois, des apprentis sorciers - tendent, en ligne, à combler le vide laissé jusqu'alors par les professionnels. Vulgariser les concepts et rendre la matière plus attractive est aussi aujourd'hui impératif pour aider les Français dans leur appréhension du risque et ainsi redéfinir leur rapport à l'investissement. Une ambition d'autant plus grande que, à un peu plus de 6 000 milliards d'euros (mars 2025), l'épargne des Français pourrait devenir une véritable arme de prospérité massive et collective.

* Baromètre AMF de l'épargne et de l'investissement - 2024. Sondage réalisé auprès de 2 044 personnes (23 septembre - 4 octobre 2024)

** Enquête Bricks.co réalisée en janvier 2025 auprès de 3 612 personnes réparties sur l'ensemble du territoire français âgées de 18 ans et plus

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