
Retrouver un emploi après une période de chômage ne signifie pas toujours une sortie durable de la précarité. Selon une étude publiée par l'Unédic ce lundi 1er juin et relayée par BFM, de nombreux demandeurs d'emploi reprennent rapidement une activité, mais il s'agit souvent de contrats de courte durée qui les exposent à des allers-retours entre emploi et chômage. L'organisme gestionnaire de l'assurance chômage indique qu'entre 18% et 22% des allocataires potentiels retrouvent un travail avant même de percevoir leur première indemnisation.
Cette probabilité diminue ensuite au fil des mois : elle se situe entre 9% et 11% au cours du premier mois d'indemnisation, puis entre 7% et 9% le mois suivant. Au total, près d'un allocataire sur deux a repris une activité professionnelle au bout de quatre mois. Mais cette amélioration apparente masque une réalité plus nuancée. L'étude souligne en effet que la première reprise d'emploi ne débouche sur une sortie durable du chômage que dans un nombre limité de cas. Seul un quart des allocataires retrouve un emploi suffisamment stable pour ne plus dépendre de l'assurance chômage.
Les seniors restent plus longtemps sans emploi
Plus inquiétant encore, seulement un tiers des premiers emplois retrouvés durent au moins six mois. Cette situation concerne particulièrement les anciens intérimaires, davantage exposés à l'enchaînement de contrats courts. Ces parcours professionnels fragmentés augmentent le risque d'alterner régulièrement entre périodes d'activité et retour au chômage, malgré une reprise rapide du travail.
Pour réaliser cette étude, l'Unédic a suivi jusqu'en 2025 le parcours de 1,7 million de personnes ayant ouvert des droits au chômage en 2022. Les résultats montrent que les profils les plus âgés demeurent plus longtemps au chômage. Souvent passés par un CDI avant leur perte d'emploi, ils disposent généralement de droits d'indemnisation plus longs, pouvant atteindre deux ans.
A l'inverse, les personnes bénéficiant de droits plus courts, entre 6 et 23 mois, sont davantage des jeunes actifs et des salariés moins diplômés. Leur inscription à France Travail intervient fréquemment après la fin d'un CDD ou d'une mission d'intérim. L'étude met ainsi en lumière deux réalités distinctes : d'un côté des seniors confrontés à des difficultés de retour à l'emploi, de l'autre des travailleurs moins qualifiés qui retrouvent plus rapidement une activité, mais souvent au prix d'une plus grande instabilité professionnelle.


















