
Le 26 janvier 2023. C’est cette date que Nabil Lakhal a pris soin de faire broder sur sa robe d’avocat. Ce n’est évidemment pas sa date de naissance, mais celle à laquelle il a prêté serment, devant la première chambre de la Cour d’appel de Paris. «Quand on n’a pas grand-chose, on s’attache au statut, au titre. Je voulais essayer d’avoir un titre.» Son point de départ ? Une enfance avec une maman solo, à Pont-de-Beauvoisin, dans l’Isère. Et un prof du lycée Saint-Exupéry de Saint-Raphaël qui lui ouvre des perspectives. Pourquoi pas l’ENA ? Ou Sciences po ? Ce «geek d’école» se sent alors pousser des ailes. «Il m’a donné confiance, cela vaut de l’or. La réussite est un sport de combat, mais collectif. Il faut une famille, un coach, des “angels”.»
De l'audace, du travail et de bonnes rencontres
Nabil Lakhal frappe aux portes, sans rien s’interdire. Un stage à l’Elysée ? Obtenu. Dans un cabinet ministériel ? De même. Sciences po, c’est fait aussi, et le tout sans réseau au départ. Sitôt le barreau obtenu, il intègre le cabinet Haïk & Associés, spécialisé en droit pénal. «Je ne connaissais rien à cette discipline, mais j’ai proposé ma force de travail. Jacqueline Laffont-Haïk m’a fait confiance.» Confiance, «angels» (ses anges gardiens), des termes qui reviennent en boucle. Plus que d’ascenseur social, Nabil Lakhal préfère parler «d’escalier, avec des marches hautes et irrégulières. A Sciences po, j’ai eu un peu honte de dire d’où je venais. Une honte, une pudeur. Il faut comprendre les codes sociaux, l’habitus.» C’est chose faite. Et, preuve du chemin déjà parcouru : il fait ses cartons pour passer du XIe au plus huppé XVIIe arrondissement de Paris.
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