Concilier son rôle de parent et son quotidien professionnel n’est pas toujours chose aisée. Dans une étude publiée ce mercredi 3 septembre, l'Association pour l’emploi des cadres (Apec) a interrogé environ 2 000 cadres, avec et sans enfant, dans le but de mesurer l’impact de la parentalité sur leur vie professionnelle. Premier enseignement de l'enquête, plus d’un cadre parent d’enfant mineur sur trois (37%) déclare rencontrer des difficultés pour concilier sa vie professionnelle et personnelle, soit 10 points de plus que les autres salariés (non-parents ou parents d’enfants majeurs). «Les cadres ont plus de facilités à organiser leur temps au travail comme ils le souhaitent par rapport à d’autres catégories de salariés, car la plupart sont au forfait jour et n’ont pas d’horaires fixes, explique Gilles Gateau, directeur général de l’Apec. Cela explique que la part des cadres qui éprouvent des difficultés ne soit pas plus élevée

La plupart des cadres parents interrogés témoignent être contraints de faire des concessions fortes dans leur vie personnelle, comme renoncer à des activités hors-travail, reporter ou encore annuler des rendez-vous médicaux. A noter que les pères font autant état de difficultés rencontrées que les mères (37% contre 39%). De plus, les parents d’enfants en bas âge - de moins de six ans - sont plus nombreux (45%) à déclarer avoir du mal à concilier vie professionnelle et vie personnelle que les parents d’enfants plus âgés (41%).

Un cadre parent sur huit a déjà refusé une promotion

Si les cadres qui ont des enfants sont contraints de réaliser des concessions dans leur vie personnelle, la parentalité a également des conséquences sur leur vie professionnelle. Près d'un salarié sur deux (44%) indique renoncer fréquemment à des événements informels organisés dans le cadre du travail, comme des pots ou des afterworks. Un chiffre qui monte même à 53% pour les parents de jeunes enfants. Les cadres parents sont également plus nombreux que les autres à rencontrer des difficultés pour assister à certaines réunions professionnelles jusqu’à la fin, ou à devoir décliner des projets ou des opportunités de formation.

Plus inquiétant, un cadre parent sur trois estime que les contraintes imposées par la parentalité dans leur vie personnelle affectent leur progression de carrière. La parentalité influence même les choix et les critères de mobilité de certains cadres parents. Ainsi, 31% d’entre eux ont déjà renoncé à changer d’entreprise en raison de leur rôle de parent. Et 13% ont déjà décliné une promotion interne pour les mêmes raisons.

Des mesures collectives pour faciliter la vie des parents

Interrogés sur les actions qu’ils jugent nécessaire de mettre en œuvre pour favoriser la parentalité en entreprise, les cadres, parents d’enfants mineurs ou non, plébiscitent en tout premier lieu la souplesse dans l’organisation du travail (49%). Viennent ensuite les autorisations spéciales d’absence liées à la parentalité (34%), et plus globalement les règles pour favoriser l’équilibre, comme le droit à la déconnexion, l’absence de réunions après 18 heures, ou le blocage des mails et du réseau après une certaine heure (33%). «Les entreprises ont la possibilité de prendre des mesures collectives simples qui peuvent faciliter la vie des parents, poursuit Gilles Gateau. Par exemple en évitant de programmer des réunions tôt le matin, à l'heure où la plupart des parents amènent leurs enfants à l'école

Les cadres parents reconnaissent toutefois en grande majorité déjà bénéficier d'une organisation flexible sur leur temps de travail (84%). Ils sont également plus de sept sur dix à indiquer moduler souvent, ou de temps en temps, leurs horaires de travail, que ce soit pour des raisons personnelles ou professionnelles.