
Renonceriez-vous à un arrêt suite à un accident de travail si cela avait une incidence sur votre prime ? Cette décision a été prise par la SNCF suite à une hausse massive des accidents du travail. «En 2025, l’accidentologie globale augmente de 15,9%, passant de 5.877 accidents en 2024 à 6.811. Si l’on intègre les filiales comme Hexafret et Technis, le total atteint 7.151 accidents du travail, soit une hausse de 21,7%, et si on compare à l’année 2022 et ses 4.760 accidents, on atteint 50%», explique Sud Rail, dont les propos sont rapportés par BFMTV. Le syndicat alerte aussi sur la «baisse des effectifs» : «Autrement, il y a moins de salariés, mais davantage d’accidents.»
Selon la SNCF, «les principales hausses de (leur) accidentologie du travail sans arrêt concernent les accidents consécutifs aux accidents de personne survenus sur les voies ferrées (principalement les conducteurs de trains, témoins directs de l’accident), les atteintes et outrages vis-à-vis de (leurs) personnels (principalement pour les agents de la relation clients)». Mais pour expliquer cette hausse du nombre d’arrêts, la Société nationale des chemins de fer explique avoir mis en place «des démarches pour libérer la parole, mieux connaître et mieux tirer profit de l’ensemble des événements sécurité pouvant survenir, qu’ils génèrent ou non des blessures nécessitant un arrêt de travail. Par exemple, nous demandons aux salariés de déclarer tous les "quasi accidents du travail", afin de comprendre les causes et de les traiter, pour éviter des accidents du travail à l’avenir.»
Moins d’arrêts pour plus de prime
Mais pour Sud Rail, «cette progression massive ne peut en aucun cas être considérée comme une simple fluctuation : elle traduit une dégradation structurelle des conditions de travail». L’organisation syndicale dénonce la décision de la direction de mettre en place «des nouvelles modalités d'attribution de la prime de performance en intégrant parmi les critères le nombre d'accidents du travail». Nos confrères donnent l’exemple d’un technicentre du groupe en Picardie. Un tiers de la prime y est perdu si plus de six accidents du travail avec arrêt ont été comptabilisés.
Une réunion entre syndicat et direction a eu lieu le 18 février. Sud Rail en a conclu que «d’un côté, il est demandé aux agents de s’inscrire dans une logique de "Vigilance Partagée" et de remonter les situations à risque. De l’autre, une partie de leur rémunération dépend d’un indicateur qui peut être impacté par ces mêmes déclarations.» L’intersyndicale appelle alors à un mouvement de grève, dont le préavis a été déposé pour le 10 juin.















