Burn-out, bore-out… Les mots ne manquent pas pour qualifier la fatigue psychologique que de nombreux salariés éprouvent face à leur travail. Pour tenter d’y échapper, beaucoup se tournent vers ce que l’on appelle un side project, à savoir une activité professionnelle développée en parallèle de son emploi principal, le plus souvent en dehors du temps de travail salarié.

Projet entrepreneurial, créatif ou associatif, il peut viser à générer un revenu complémentaire, acquérir de nouvelles compétences ou redonner du sens à son quotidien professionnel.

Les trois profils adeptes du “side project”

Mais derrière cet engouement, les profils sont loin d’être homogènes. Parmi ceux qui se lancent, on trouve d’abord «des salariés qui ne se sentent plus bien dans leur poste, mais n’osent pas changer», observe Hélène Picot, coach spécialisée dans les reconversions professionnelles. «Ils ont tellement peur de ne pas retrouver une sécurité financière qu’ils se disent que le side-project peut être une solution pour avoir “le beurre et l’argent du beurre.”» Le risque, selon elle, est alors de rester coincé entre deux options. «Le side-project ne va pas vraiment prendre parce qu’ils n’y mettent pas assez d’énergie, et leur travail salarié va leur peser énormément, car il va constituer un frein à leur épanouissement.»

À l’inverse, le side project peut devenir un véritable levier d’équilibre pour les multipotentiels, aussi appelés slasheurs. «Cela concerne environ 20 % de la population. Ces personnes ont besoin de faire plusieurs choses, sinon elles s’ennuient.» Pour elles, cumuler les activités est naturel et structurant. «Elles sont nourries à la fois par leur side project et par leur boulot salarié. Dans ce cas-là, c’est ultra bénéfique», assure la coach.

Troisième profil fréquent : ceux qui savent déjà vers quoi ils veulent évoluer, mais hésitent encore à franchir le pas. «Ils gardent leur sécurité et lancent un projet à côté. Sauf que s’ils ne mettent pas 100 % de leur énergie dans ce qu’ils veulent vraiment faire, ça ne peut pas marcher.» Dans son accompagnement, cette configuration est d’ailleurs souvent temporaire. «Sur dix personnes qui viennent me voir pour un side-project, seules deux restent réellement slasheuses. Les autres finissent par quitter leur entreprise parce qu’ils réalisent, au fil des séances, qu’ils n’y étaient pas bien, et ils se lancent», explique-t-elle.

L’organisation et le plaisir

Même lorsqu’il est pertinent, le side project comporte des risques et, pour les éviter au maximum, une règle d’or s’impose : «L’organisation ! C’est une qualité de base indispensable quand on se lance», rappelle Hélène Picot. Dans le même ordre d’idée, la coach met en garde les salariés «bons élèves» qui auront à cœur de continuer à s’investir très fortement dans leur entreprise et dans leur side project, en s’oubliant totalement, au risque de frôler l’épuisement… «Quelqu’un qui se met déjà beaucoup de pression au travail et qui rajoute un side project va très certainement exploser en plein vol.»

Quoi qu’il en soit, Hélène Picot rappelle la question à se poser impérativement avant de se lancer : «Il faut se demander pourquoi on fait ça : si c’est parce qu’on est malheureux dans son entreprise mais qu’on n’a pas le courage de partir, c’est une mauvaise idée, parce que cela revient à mettre un petit pansement sur une plaie béante. Le mieux, dans ces cas-là, reste de se faire accompagner pour se poser les bonnes questions. La lucidité est le maître-mot avant tout mouvement !»

À l’inverse, ceux qui aiment leur travail mais souhaitent dégager du temps pour s’épanouir trouvent dans le side project une démarche saine et bénéfique, à condition que les temps de travail soient bien balisés en amont et qu’il en reste aussi pour la vie sociale et familiale, car c’est aussi, et surtout, par là que vient l’équilibre.

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