
Un nouveau chapître s’ouvre pour Renault, car il est question de rebooster un peu le groupe après le départ mouvementé de l’emblématique Luca de Meo pour la direction de Kering. François Provost, nommé directeur général du constructeur automobile français cet été, va faire sa première apparition publique au salon de Munich la semaine prochaine pour révéler la nouvelle Clio, et il y emmènera son nouveau board. D’ailleurs, c’est ce lundi 1er septembre, jour de rentrée, qu’il a jugé bon de présenter sa nouvelle équipe. «Pour relever l'ensemble des défis qui se dresse devant nous, nous avons besoin d'une organisation capable de décider plus vite, d'exécuter plus efficacement et toujours plus proche de ses clients. La nouvelle gouvernance annoncée aujourd'hui répond à cette ambition. Elle réunit des talents expérimentés, dotés d'une expertise solide et, surtout, d'une légitimité interne qui fera la différence», a-t-il déclaré aux salariés du groupe vendredi 29 août
Le patron de Dacia aurait choisi de quitter Renault
On se doutait qu’il y aurait des changements, mais pas forcément d’une telle ampleur. Surprise de taille : Denis Le Vot, patron de la marque Dacia, ne figure pas dans la nouvelle gouvernance. Son absence n’est pas anodine, puisqu'il était longtemps pressenti pour prendre la tête du groupe Renault, parmi tous les autres favoris comme Gilles Le Borgne ou Maxime Picat. Il aurait «choisi de quitter l’entreprise», annonce-t-on. Ce départ est d’autant plus remarqué que Denis Le Vot était considéré comme un homme brillant, apprécié en interne pour son accessibilité, selon un représentant d’un syndicat. Celui-ci évoque même une annonce vécue comme «un électrochoc». Pour le remplacer, c’est Katrin Adt qui reprend la direction générale de la marque Dacia, une ex-tête pensante du groupe Mercedes-Benz. Celle-ci a occupé différents postes, notamment CEO de Smart pour mener sa transition vers le 100% électrique.
Pour se redonner un coup de fouet, le groupe Renault et son boss ont créé une nouvelle fonction, celle de Chief Growth Officer, pour tirer la croissance des marques Renault et Dacia, «définir une approche stratégique unifiée et optimiser les chiffres d'affaires sur l'ensemble des marchés. Cette organisation permettra à Renault Group de capitaliser pleinement sur l'identité et le positionnement de chacune de ses marques». Fabrice Cambolive, directeur général de la marque Renault, sera en charge de ces nouvelles responsabilités.
Autre changement : l’ingénierie accueille un nouveau capitaine, Philippe Brunet, promu Chief Technology Officer (CTO) pour le groupe. Sa mission sera d’accélérer l'exécution des projets, consolider la chaîne de valeur électrique et raccourcir les délais de développement, à l'image des projets Twingo et batteries. L'optimisation des coûts est la priorité. Il reprend le flambeau de Philippe Krief, qui va désormais se consacrer à son poste de directeur général d’Alpine, pour là aussi améliorer le développement de la gamme et renforcer l’image de marque, un peu chahutée en ce moment.
Stratégie et vision à long terme
Une rentrée décisive pour François Provost qui se retrouve immédiatement confronté à la nécessité de donner des gages de clarté et de stabilité à ses collaborateurs. «On n’a pas besoin d’une nouvelle réorganisation, mais de stabilité et d’une vision à long terme. Cela fait six mois que les discours changent», souffle un représentant syndical en coulisses. Dans un contexte où l’industrie automobile vit une mutation accélérée, le nouveau patron de Renault devra démontrer rapidement sa capacité à concilier réorganisation interne, stratégie industrielle et diplomatie des partenariats.
Deux priorités attendent François Provost dès les premières semaines de son mandat. Rappelons les premiers dossiers brûlants :
-Le plan stratégique Futurama. Initié par son prédécesseur, Luca de Meo, il devait être présenté à l’automne mais a été repoussé au premier trimestre 2026. Ce décalage interroge déjà sur la capacité du groupe à tenir son calendrier de transformation.
-Le volet partenariats. Sujet jugé prioritaire, il devrait occuper une grande partie de l’agenda. Toutefois, aucune avancée n’est annoncée à ce stade concernant une éventuelle alliance avec le géant chinois Geely alors que les échanges avec les constructeurs chinois se multiplient. Un paradoxe, selon certains syndicats, qui soulignent le discours officiel de “souveraineté industrielle” alors que Renault multiplie les ouvertures vers la Chine.
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