
La croissance sera plus faible que prévu. Et dans le même temps, les prévisions d’inflation sont revues à la hausse, à 1,9%. C’est ce qu’a annoncé le gouvernement mercredi 15 avril, tandis que ce jeudi, Eurostat a confirmé que l’inflation accélère plus vite que prévu en zone euro, à 2,6% (contre 1,9%) à cause de l'envolée des prix de l'énergie. Faut-il anticiper un retour de l’inflation dans les rayons ? Interrogé sur RMC ce jeudi 16 avril, le PDG de Coopérative U a coupé court aux craintes actuelles.
«Actuellement, nous répercutons dans nos magasins, sur la partie alimentaire, uniquement le résultat des dernières négociations qui se sont achevées le 1er mars», a rappelé dans un premier temps Dominique Schelcher. A ce stade, l’inflation en magasin est donc située «entre 0 et 1%», selon le grand patron, et «il n’y a, à date d’aujourd’hui, aucun impact de cette guerre en Iran sur les prix de l’alimentation». Toutefois, Dominique Schelcher a admis que des questions pouvaient se poser sur le long terme.
Livraison de carburant : pas de problème… pour le moment
Le premier sujet de préoccupation est le carburant. Au micro de RMC, le PDG de Coopérative U a souligné qu’au début de la crise, il avait déjà mis en garde : «Cela va être de plus en plus difficile à la fois sur les prix et sur la disponibilité» au-delà de six semaines. Or, ce délai est désormais écoulé, mais pour lui, «il n'y a pas de problème de pénurie du carburant ce matin».
En revanche, si le conflit s’enlise, la situation pourrait vite tourner. «Plus le conflit va durer, plus les chaînes logistiques mondiales sont perturbées, et plus il y a de risques à terme d'avoir une perturbation», a mis en garde Dominique Schelcher. D’ailleurs, à l’instar de ses collègues Michel-Edouard Leclerc et Thierry Cotillard, il s’est opposé à l’encadrement des marges des distributeurs sur le prix des carburants, une mesure «contre-productive».
La crainte d’une pénurie de plastique
Le patron de Coopérative U a martelé qu’il fallait contrôler davantage les raffineurs et «ne pas laisser croire aux Français que ça changerait quelque chose». Enfin, il a alerté sur de potentiels risques d’approvisionnement liés au plastique. «Les billes de plastique qui permettent de fabriquer nos emballages, nos barquettes pour la boucherie, le plastique pour l’emballage, viennent de cette région du monde.» Et d’ajouter : «On a des signaux de quelques industriels qui disent : attention, il y a le carburant, il y a le plastique, ça va nous poser un problème.»




















