
Les prix à la pompe n’ont jamais été aussi hauts ces dernières années et la situation pourrait être tendue encore longtemps en fonction de l’évolution du conflit au Moyen-Orient. Alors, comme de nombreux automobilistes français sont pris à la gorge avec des prix des carburants, le gouvernement envisagerait un décret encadrant les marges des distributeurs. Un texte qui provoque l’ire de ces derniers et qui serait surtout inefficace, comme l’a déjà laissé entendre Michel-Edouard Leclerc mardi 14 avril. Mercredi, ce fut au tour de son homologue des Mousquetaires/Intermarché, Thierry Cotillard, de monter au créneau.
Sur le plateau de Franceinfo, le PDG du groupement a expliqué avoir «très mal vécu» tout comme ses collègues distributeurs le «coup de pression du gouvernement». «Ça devient insupportable de prendre des décisions dans l’urgence, sans concertation avec les acteurs économiques et une décision qui ne va rien produire», a-t-il tancé dans un premier temps, avant de fustiger «une caricature technocratique». Il a ainsi dit comprendre pourquoi tant de Français pouvaient «se désintéresser de la politique».
Les distributeurs coupables, les raffineurs oubliés
Alors, pourquoi l’Etat s’en prend-il aux distributeurs ? A cette question, Thierry Cotillard a semblé avoir la réponse. «La stricte vérité c’est que c’est lui qui encaisse l’essentiel de la marge, 53% sur les deux euros. Les caisses sont vides et il n’a pas les moyens. Sans majorité, il ne peut pas décider, donc il va désigner un coupable», a dénoncé le grand patron, déplorant être une «sorte de bouc émissaire». Surtout, Thierry Cotillard ne comprend pas pourquoi «le seul coupable est le distributeur» alors que dans la chaîne de production, il y a aussi les raffineurs».
Pourtant, dans le décret que prévoit le gouvernement, les . «La réalcontrôles ne visent que les distributeursité, c’est que nos marges, qui étaient à trois-quatre centimes, sont beaucoup moindres aujourd’hui. C’est devenu plus que jamais un produit d’appel», met en avant le patron du groupement, qui assure que bon nombre de ses collègues se sont mis à prix coûtant et que Les Mousquetaires/Intermarché sont à «1-2 centimes, pas plus».
Une lettre envoyée au gouvernement
Dans une lettre dont ont pu avoir connaissance Les Echos, les distributeurs s’inscrivent en faux contre le projet de décret du gouvernement et ils dénoncent un texte «technique défaillant, économiquement déséquilibré et juridiquement fragile». Selon eux, une telle mesure pourrait les obliger de «vendre à perte», ce qui est pourtant interdit par la loi. Surtout, «ce mécanisme de prix administré ralentira la transmission des baisses aux consommateurs, soit l'exact inverse de l'objectif poursuivi», disent-ils.
Comme l’a proposé Michel-Edouard Leclerc, ils veulent suspendre «temporairement» le dispositif CEE, ce que le gouvernement refuse. Sur Franceinfo, Thierry Cotillard est aussi revenu sur les contrôles à la pompe opérés par l’Etat au début du conflit, «un effet de comm’», selon lui, puisque les fonctionnaires ont contrôlé que le prix affiché à la pompe était bien celui retrouvé sur le ticket. «C’était une foutaise. Ils auraient dû vérifier le prix d’achat et le prix de vente pour vérifier qu’il n’y avait pas d’abus», a-t-il raillé.




















