Il faut le reconnaître, les routeurs Wi-Fi sont, en général, des appareils moches. Ils prennent tantôt la forme de cylindres, de cubes blancs, gris ou noirs, ternes et sans âme, tantôt celle de vaisseaux spatiaux hérissés d’antennes assez intimidantes et très connotées « geek ». De quoi semer la zizanie dans un couple quand l’un souhaite profiter des meilleures performances pour le réseau Wi-Fi et que l’autre entend bien ne pas sacrifier sa déco sur l’autel d’un besoin technologique. Avec son Mesh X3 Pro, Huawei tente de réconcilier ces deux mondes. Le géant chinois propose un routeur Wi-Fi 7 au look pour le moins inédit que l’on ne rechigne pas à installer, bien en vue, près de la box Internet. Il s’accompagne d’un module satellite au design légèrement différent, mais dans le même esprit, à placer dans une autre pièce pour optimiser la couverture. Ne reste plus qu’à savoir si cette initiative esthétique est à la hauteur des performances que l’on attend d’un routeur Wi-Fi 7.

Design : quand le routeur ne se cache plus (4/5)

Le look original représente l’argument massue de Huawei pour séduire. Ce routeur arbore une forme conique plutôt classique, de 25 cm de haut pour un diamètre de 12,3 cm à la base. Mais, à la différence des autres, la coque est constituée de plastique transparent laissant admirer non pas l’électronique de l’engin (ce qui serait une faute de goût) mais une représentation en trois dimensions et translucide du sommet enneigé d’une montagne. C’est dans cette dernière que se cache l’antenne Wi-Fi.

© Fabrice Brochain pour Capital

Et Huawei ne s’arrête pas là puisque cette montagne s’illumine. Elle peut prendre la teinte orangée d’un lever ou d’un coucher de soleil ou l’aspect blanc d’un glacier en plein jour. Il fallait y penser. D’autant que ces paramètres sont ajustables. La luminosité et la teinte peuvent varier au fil de la journée et selon les conditions météo (si l’on accorde à l’appareil l’autorisation de localisation). Bien vu et surtout très réussi.

© Fabrice Brochain pour Capital

Il est également possible d’allumer, de couper ou encore d’ajuster l’intensité de la lumière en plaçant sa main sur le sommet de l’appareil. Bref, avec un tel attirail cosmétique, le routeur ressemble plus à une lampe de table qu’à un appareil électronique chargé de gérer le réseau Wi-Fi de la maison.

Son compagnon satellite reprend le même concept dans une moindre mesure. Il arbore la forme toute ronde et le gabarit d’une grosse boîte de thon. Il est lui aussi enveloppé sur le pourtour d’une coque transparente ou se dévoilent cette fois-ci des stries. Avec l’éclairage provenant de la base, il ressemble de son côté à un brûleur de gazinière. Il n’empêche, il n’a aucun point commun esthétique avec les autres routeurs du marché.

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Pour réussir ce tour de force cosmétique, Huawei a dû concéder quelques sacrifices, notamment sur la connectique. Sous la base du routeur, se nichent une prise d’alimentation, deux prises RJ45 2,5 Gb/s et… c’est tout. Pas le moindre bouton de mise sous tension ni de prise USB. Tout juste remarque-t-on un simple bouton de réinitialisation. Il faudra donc brancher votre box sur l’un des deux ports Ethernet du routeur (sans distinction) et réserver le second à un autre appareil ou un hub Ethernet par exemple.

© Fabrice Brochain pour Capital

Idem du côté du satellite qui, lui, n’embarque qu’une prise d’alimentation et une prise RJ45 1 Gb/s cette fois-ci. C’est assez sommaire mais suffisant pour ceux qui n'ont que quelques appareils à connecter au réseau en filaire.

© Fabrice Brochain pour Capital

On peut aussi se poser la question de la consommation électrique. Avec des LED souvent allumées, il est tentant de supposer un appétit plus prononcé en énergie. Et pourtant, il n’en est rien. Nous avons mesuré une consommation de 4,6 W du routeur avec une activité faible et qui grimpe à 5,2W une fois la montagne dorée illuminée. Sur le répéteur, la consommation passe de 3,5 à 3,6 W une fois les LEDs illuminées. Des écarts assez faibles et très acceptables pour profiter du spectacle sans se ruiner.

Installation et ergonomie : la simplicité règne (4,5/5)

La mise en route du Mesh X3 Pro ne présente aucune difficulté, même pour les néophytes. C’est bien joué de la part de Huawei qui ne destine pas son routeur aux férus de nouvelles technologie avec de solides connaissances en matière de réseau. L’opération ne prend que quelques minutes. Il suffit de brancher le routeur sur une prise électrique puis de relier l’un de ses deux ports WAN (peu importe lequel) au port LAN de la box à l’aide du câble Ethernet fourni dans la boîte.

Ne reste plus qu’à désactiver le réseau Wi-Fi diffusé par la box et à se connecter au routeur (le nom du réseau Wi-Fi est indiqué sous le routeur) pour le paramétrer. Deux solutions sont possibles : utiliser un navigateur Web depuis un ordinateur en entrant l’adresse indiquée sous la base du routeur ou l’appli Huawei AI Life sur un mobile. Si elle est disponible sur l’App Store d’Apple, elle est en revanche absente du Play Store de Google. Un simple scan du QR code fourni par Huawei suffit à la télécharger depuis la boutique du constructeur, AppGallery.

Quant à l’installation du satellite, c’est encore plus simple. Il suffit de le positionner dans une autre pièce et de le brancher au secteur. Il se connectera automatiquement, en Wi-Fi, au routeur. À noter que celui-ci ne dispose pas de backhaul (une connexion exclusive et différente du réseau Wi-Fi établi pour la communication entre le routeur et le satellite).

Une fois l’installation en place, on est guidé pas à pas. Il est possible de modifier le nom du réseau Wi-Fi et bien sûr d'y associer un mot de passe. Les informations de base comme la liste des appareils connectés, le mode de connexion (DHCP, IP Statique, point d’accès, etc.) le niveau de chiffrement (WPA2 PSK, WPA3 SAE, etc.), ou encore l’activation du MLO sont accessibles facilement depuis l’interface Web.

© Fabrice Brochain pour Capital

Le choix des options est plus limité depuis l’appli. D’ailleurs, on constate que celle-ci propose des fonctions inexistantes sur ce modèle de routeur comme la connexion par WPS (sans mot de passe) par simple pression d’un bouton sur l’appareil… Or, il n’existe aucun bouton de ce type sur le Mesh X3 Pro.

© Fabrice Brochain pour Capital

Pour ceux qui souhaitent pousser plus loin les réglages, un passage par l’interface Web du routeur depuis un navigateur Internet reste ainsi indispensable. C’est sous l’onglet Fonctions supplémentaires que sont regroupés l’ensemble des outils habituels (plage d’adresses de sous-réseau, réglages VPN, configuration IPTV et UPnP, activation de l’IPv6, choix du canal pour chaque bande de fréquence, filtrage par adresses MAC, etc.). Un panel de réglages complet.

© Fabrice Brochain pour Capital

Enfin, le Mesh X3 Pro embarque un pare-feu et un outil de contrôle parental. Celui-ci se limite à définir un temps d’accès quotidien pour un ou plusieurs appareils et à dresser un filtrage de sites Web. Plus original, depuis l’appli, il est possible de dresser la carte du logement, d’indiquer l’emplacement du routeur et du satellite et d’évaluer la couverture du réseau Wi-Fi à l’aide d’une heat map. Pratique pour placer convenablement les deux appareils et optimiser la couverture dans toute la maison.

Huawei ménage donc la chèvre et le choux avec des réglages simples, accessibles à tous, depuis l’appli et plus approfondis depuis un navigateur Web. On note au passage que les paramètres liés à l’éclairage de la fameuse montagne dorée à l’intérieur du routeur ne sont accessibles que depuis l’appli.

Performances : du Wi-Fi 7 bridé (3/5)

La boîte du routeur Mesh X3 Pro arbore fièrement la mention Wi-Fi 7. On a donc toutes les raisons de penser que l’appareil exploite les trois bandes de fréquence supportées par la norme soit 2,4 GHz, 5 GHz et 6 GHz. Déception. Le X3 Pro se contente des deux premières et fait l’impasse sur le 6 GHz soit, en général, la bande moins encombrée et la moins sujette aux interférences et qui représente tout l’intérêt du Wi-Fi 7. L’appareil se rattrape avec la modulation 4K-QAM (Quadrature Amplitude Moderation). Le signal est ici amplifié avec 12 bits de données contre 10 bits avec le Wi-Fi 6 (802.11ax) et promet donc une augmentation des débits de 20 %.

Pour nos tests, nous avons connecté le routeur à une Box SFR fibre avec un débit maximum de 1 Gb/s. Nous y avons également branché un PC connecté en Ethernet 5 Gb/s faisant office de serveur pour le logiciel OpenSpeed Test et un second équipé d’une carte Wi-Fi 7 Intel BE200 ainsi qu’un smartphone Samsung Galaxy Fold 7 compatible Wi-Fi 7. Dans les réglages du routeur, nous avons activé l’option MLO, le chiffrement WPA2-PSK/WPA3 SAE et l’option « Priorité au 5 GHz ». Dans ce cas, le routeur fusionne les deux bandes de fréquence (2,4 et 5 GHz) et ne laisse qu’un seul réseau visible.

À un mètre de distance du routeur, nous avons relevé un débit descendant de 1,37 Gb/s et ascendant de 1,45 Gb/s. Plutôt pas mal pour ceux qui bénéficient d’une connexion fibre plus performante.

À trois mètres de distance, les débits atteignent 752,5 Mb/s en téléchargement et 719,3 Mb/s en chargement. En s’éloignant et en se connectant cette fois-ci au satellite (qui n’est finalement rien de plus qu’un répéteur), les débits tombent respectivement à 610,5 Mb/s et 351,3 Mb/s.

Quant à la heat map, la carte représentant la qualité de la couverture réseau, l’appli de Huawei et celle de NetSpot utilisée sur notre PC ne sont pas tout à fait d’accord. Avec l’outil de la marque, la couverture semble excellente quel que soit le point de relevé dans notre appartement de 75 m2.

© Fabrice Brochain pour Capital

Avec l’appli NetSpot, on distingue des zones moins bien couvertes, notamment vers le sud et l’est. Elle retranscrit plus fidèlement les problèmes de réception dus notamment à la présence de murs porteurs et de matériels de gros électroménager.

© Fabrice Brochain pour Capital

Il n’empêche, le Mesh X3 Pro délivre des performances honorables pour le public visé. Il permet par exemple d’accéder sans difficulté au streaming 4K ou à des téléchargements rapides. La stabilité du réseau est également très bonne. Nous n’avons jamais rencontré le moindre décrochage même en nous plaçant au point le plus éloigné du routeur, avec, sur le chemin, du gros électroménager et des murs porteurs. Le petit satellite demande de son côté un peu d’attention. Il doit être judicieusement positionné afin de capter convenablement le réseau émis par le routeur et le répéter de façon optimale.

Réparabilité : garantie légale mais aucune information sur les réparations possibles (x/5)

Huawei ne fournit aucune information sur la réparabilité ni la disponibilité de pièces détachées pour son routeur X3 Pro. Sur le site Web de la marque, dans la section dédiée aux réparations, aucun routeur n’est même mentionné dans la liste des produits. Celle-ci se concentre sur ses smartphones, tablettes, PC, montres écouteurs et moniteurs. Tout juste est-il indiqué qu’une garantie de deux ans est appliquée pour ce type de produit (soit le délai légal). Huawei fournit cependant un moteur de recherche pour trouver un réparateur agréé près de chez soi. C’est un peu court. On aurait apprécié en savoir plus car, outre la partie électronique (souvent irréparable), le routeur embarque un dispositif à LEDs pour éclairer la fameuse montagne dorée, un ventilateur pour refroidir l’appareil en cas de fortes sollicitations et des ports de connexion. Des éléments susceptibles de casser ou de tomber en panne et à priori remplaçables donc.

La meilleure alternative au Huawei Mesh X3 Pro

Amazon eero Pro 7

Ce routeur Wi-Fi 7 d’Amazon exploite les trois bandes de fréquences (2,4 GHz, 5 GHz et 6 GHz) pour procurer une réseau sans fil stable et solide. Son esthétique reste assez sobre et passe-partout. En revanche, pour ce prix, seul le routeur est fourni. Pour couvrir une plus large surface, il faudra opter pour le kit comprenant trois modules facturé 799 euros.

Conclusion

Avec le Mesh X3 Pro, Huawei fait une proposition originale. La marque réussit à transformer un appareil assez geek en accessoire de décoration capable de s’exposer dans le salon sans honte. Un pari audacieux et qui ne sabre pas tant que cela les performances. Ce routeur Wi-Fi n’est pas taillé pour les usages intensifs, ni pour ceux qui recherchent des performances décoiffantes. Il faut ici se contenter d’un Wi-Fi 7 bi-bande démuni de la fameuse bande de fréquence de 6 GHz qui fait toute la force de ce réseau sans-fil. Mais le X3 Pro ne s’en sort pas trop mal pour autant avec des débits satisfaisants pour un usage domestique sans excès. Le satellite qui l’accompagne aurait mérité de se montrer un peu plus véloce afin d’offrir une plus large couverture mais pour le prix demandé, il fait convenablement son office.

Ce routeur Wi-Fi Huawei convient donc bien pour un usage modéré. Permettre la connexion simultanée des objets connectés de la maison (sur la bande des 2,4 GHz en général) et déployer un réseau suffisamment solide et rapide pour les ordinateurs, smartphones et autres tablettes sur la bande des 5 GHz. À cela s’ajoute la mise en œuvre très simple et les réglages faciles même pour les néophytes. Il va sans doute trouver son public auprès de ceux qui pestent contre le Wi-Fi faiblard et vieillissant de leur box mais ne souhaitent pas se compliquer l’existence avec des réglages réseau ardus et encore moins, ruiner leur déco.

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